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lundi 18 janvier 2010

Terre de Feu et de Sang


Traversant les âges et le temps sans conviction intime, je cherche à comprendre ces hommes qui tentent d’éteindre les feux attisés par leurs ancêtres avec le sang de leur semblable, optimiste la nuit pessimiste le jour, je ne peux m’empêcher de croire que les entrailles de nos sociétés sont ébranlées par les chocs frontaux des êtres aveuglés par leur égocentrisme et leur individualisme étincelant. Ils ont réussi à fabriquer et à consolider un ennemi commun après la dernière course de l’étoile rouge dans l’espace de nos esprits. Après l’étoile ils s’attaquent au croissant de lune. Les jeux de mots, les équivoques de circonstance et les connivences d’appoint pour cerner le challenger des systèmes en place, se révèlent aussi fébrile qu’efficace à l’instant opportun.

Les hommes aiment construire des relations de pailles pour faciliter leur destruction par les feux de la passion à fleur de peau lorsque les haines sont justifiées par les édifices de mensonges habillés par des valeurs que l’on élève au rang de sacrées. Quoi de plus naturel que de rejeter l’étranger de nos idées faussées par la réalité de nos supputations sans remis en cause de nos valeurs. Il est facile de voir que le monde des uns ne peut survivre sans un ennemi de choix. Que connaissent réellement nos sociétés de l’Islam et de son message ? Pourquoi tant de haine et de rejet dans nos regards réciproques ? L’homme a-t' il le choix de son voisin sur Terre. Il s’emble que pour certain l’existence d’une identité ne peut se concevoir sans l’élimination de son contraire.

Pétris dans nos contradictions, défendant avec ardeur nos prolepses nous ne pouvons sentir les vibrations de ces cœurs victimes de nos inepties. Ecoute les gémissants de ces Palestiniens baignant dans l’injustice de l’humanité. Regarde l’effacement de ces ombres Tchétchènes sous le joug d’un régime courtisé pour ses ressources qu’il troque contre le silence de l’humanité. Admire l’hypocrisie de ces « grandes puissances » face au massacre des Ouïgoures à qui on ne reconnaît pas une âme à l’existence. Contemple l’anarchie imposée en Irak au nom de la démocratie et de notre peur au ventre. Sens-tu l’odeur de la mort que nos armées ont semée en Afghanistan sur un peuple qui ne connaît pas la paix en raison de nos intérêts sur ces terres de feu et de sang. Acculé dans leur dernier retranchement en proie au feu et au sang, ils préfèrent le martyre au sens de leur liberté plutôt qu’à notre démocratie imposée et à notre liberté falsifiée. Absurdité pour les uns, quintessence de la finalité de la vie pour les autres, nous avons engendré par nos actions et nos attitudes des bombes humaines que nous activons à chaque fois que nous trahisons les valeurs universelles, humanistes de justice et d’égalité.

Sérénité dans l’âme, résistance par l’esprit et sacrifice du corps voilà comment les musulmans se réconcilient dans l’espoir d’une justice de l’au-delà. Nous n’avons d’autre choix que de vivre ensemble quelque soit nos sentiments réciproques. Toute catastrophe naturelle déclenche la solidarité et l’entraide entre les hommes quel que soit la profondeur des abysses qui les séparent et les haines millénaires. L’homme doit garder à l’esprit que la vie en-soi est une catastrophe sans commune mesure dans l’épreuve de notre destinée commune. La résorption de cette catastrophe ne peut se faire sans amour sincère de notre prochain. Planter les graines de nos actions pour des lendemains de rapprochement et de fraternité est le devoir de tous les Hommes soucieux d’un avenir meilleur. Il faut que chacun dans son être se questionne de l’utilité de ses actions si elles ne sont pas là pour l’édification de notre vivre ensemble.

Quel triste sort que de voir dépitassions et lamentations dans le regard de ces orphelins de nos injustices à travers le monde. Nous ne cessons d’entretenir la braise par le souffle de haine et par la langue de bois dans nos promesses. Trahir nos engagements sur la sacralité de la vie c’est notre manière à nous les Hommes de tuer le temps de la vie. Chacun vie dans la certitude ou le doute des ses références qu’il érige en bouclier face à l’autre différent mais utile pour sa propre identité et existence. Que serait la vie sans la mort ? Le jour sans la nuit ? Ou la croyance sans la mécréance ? Ce qui est rassurant dans les contradictions de la vie est que le désespoir ne peut exister sans espoir. Nous avons tous en commun une terre de feu et des rivières de sang nourris pas nos erreurs au nom de notre fierté et de notre orgueil. A nous de savoir regarder l’autre en lui reconnaissant dignité et respect malgré nos différences marquées sans nuances.

La nature des forces ne peut se maintenir sans équilibre; il est fondamental que les musulmans soient unifiés sur la scène international afin que respect et dignité de cette dernière ne soit pas bafouée par les puissances en place ou à venir. L’union des états musulmans doit se faire non dans une optique de confrontation mais dans la perspective d’une voie commune pour que les rapports évitent le deux poids deux mesures face à l’injustice. Malheureusement aucune terre en Islam n’a été épargnée par le feu attisé et entretenu de l’intérieur comme de l’extérieur. Les Musulmans ne peuvent négliger leur devoir de dialoguer envers les autres communautés religieuses ou non afin d’établir des liens étroits dans le dialogue des cœurs et le regard des esprits nourris par la raison.

R.A

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