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mercredi 11 janvier 2012

La traversée du désert




Me voici livré à moi-même dans ce désert de sable fin où la chaleur me prend à la gorge tels mes remords consumant mon cœur. J’avance dans l’espoir d’alléger mon fardeau sur les traces que je laisse derrière moi  afin que le vent puisse les emporter à jamais. Le poids de mon corps est insupportable, mes jambes trahissent la volonté de mon esprit qui invoque l'instinct de survie. Chacun de mes pas dans cette étendue où mon corps paye de son âme est une résolution en larmes. Le temps est venu pour moi de sacrifier les merveilleux souvenirs que j’ai rencontrés par ma plume. Mes yeux ne peuvent supporter ce soleil châtiant mon visage en lambeau creusé par les larmes de mon cœur abandonnant sa perle. Une tristesse envahi mon cœur qui se remémore ses plus beaux sentiments tandis que mon esprit commémore les plus beaux souvenirs de mon âme sur le départ tant espéré.  

Mon cœur  dupé par les mirages de mes passions s'est laissé aller dans des délectations futiles. Le temps de cette traversée du désert dans ma solitude est l'épreuve que mon être doit surmonter pour un espoir de félicitée pour tous ceux que j'aime et que je porte dans mon cœur. Il y a des larmes d'amour que seul le cœur de l'être chéri peut comprendre la souffrance intérieur. Mon esprit se désaltère à l'ombre de mes souvenirs d'une histoire d’amour et de tendresse que la vie n'a de cesse de rappeler à la moindre odeur,  au moindre frémissement et à la moindre vibration d’une émotion en éclosion.

Mon cœur se nourrit des mots et des sourires partagés dans ces instants volés à mon destin. Cette immensité du désert me met face aux détails de mon existence et de mes actes. Ma vie s'égrainant  sous le vent du temps, mon cœur lui égraine ses plus beaux instants de bonheur et de joie sous le vent de mes souvenirs. Mes larmes dans ce désert se mêlent à la poussière  de mes souvenirs que mon cœur à pris pour provision. De mes souvenirs coulent les larmes de ces instants de bonheur que le destin m'a permis de rencontrer pour un laps de temps.

J'ai rencontré la douceur qui m'a fait ses adieux après ces instants mémorables.  J'ai croisé la tendresse qui m'a consolé pour un temps de mes cicatrices du passé. J'ai eu le privilège de m'assoir à la table de l'amour qui m'a permis de croire en lui. Telle la pleine lune, son visage rayonne dans l'obscurité de mes remords. J'aurais aimé que le temps s'arrête pour que mon cœur et mon esprit l'admirent davantage.

 J'ai beau scruter mon âme je lui trouve plus de défauts que de qualités. J'ai beau sonder mon cœur, il n'a jamais connu pareil sentiment. J'ai beau interroger ma raison il n'a de raison que la folie d'un cœur désemparé par cet amour à la folie. Que puis-je face au destin qui en a décidé autrement pour ma vie ? Que puis-je face à ces traditions écrasant tout espoir de rébellion ? Dans ce monde hostile à mes aspirations mon refuge est ma foi, incomprise par mes semblables malgré les évidences de ma nature.   

Chaque nuit ta présence me rend visite pour apaiser ce cœur épris de ton amour. Je rêve d'un jour où les voiles de mes sentiments seront levés pour cet amour sincère qui vit en moi. Aucun soleil ne peut réchauffer ce cœur refroidi par ton absence, seule la douceur de tes mains peut réanimer mon cœur glacé par le chagrin hivernal. Ni le vent, ni la pluie ne peuvent éroder mon affection et mes sentiments pour cette perle découverte par ma plume.

Le temps est venu pour mon âme de se regarder en face et de travailler le devenir de sa destinée. Aujourd'hui ma plume se pose pour un temps de réflexion et de remise en question de mon âme s’abreuvant de l'encre de mes passions futiles. Ma langue asséchée par la chaleur suffocante  a le souci de l'économie de mes derniers mots.  Mon esprit m'accompagne telle une ombre sans refuge pour un adieu que mon cœur a tant redouté l’instant inéductable que le destin m’impose sans pitié.

Ce désert est le chemin de la liberté de mon âme qui traverse le purgatoire pour un avenir d'espoir et de miséricorde.  Ici nul regard, nul jugement, seul face à cette immensité mon cœur tremble de la sentence à venir. Mon être cherche dans ce désert la palmeraie du repentir pour mon  âme. La solitude de mon âme dans ce désert de mon cœur et de mon esprit me rappelle la fragilité de mon destin que ma raison interroge en vain. Je n'ai qu'une envie c'est la fin d'une vie en larmes pour l'espoir d'une miséricorde d'Allah.      


R.A