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dimanche 28 février 2016

Au cachot des mots




Au fond du cachot, ruminant ses mots,
Telle une âme à l’agonie éructant ses maux,
Le cœur meurtri, verve de l’injustice à flot,
L’esprit du poète maladif résiste aux fléaux,

Entre ces murs, des manuscrits de douleurs,
Malgré une plume, qui naguère, inspiré de fleurs,
Aimait composée des bouquets  de romance,
Pour les amants de la liberté sans complaisance,

Aux cris des âmes déchirant le ciel,
L’étranger au pays des damnés en duel,
Mesure les nuances de frimas,
Dans cette lucarne donnant le trépas,  

Chaque jour est une marche vers l’abîme,
Une ronde de vertige enivrant l’élime,
Chaque nuit est un effroi de crainte,
Un réveil habillé par l’espoir du doute,

De tous les mots qu’ici le cœur contient,
Un seul permet de tenir dans la geôle du temps,
Un seul permet à l’âme de ne pas briser le lien,
Un seul permet de ne pas sombrer sur le champ,

Il n’y a qu’à son rappel que le cœur s’apaise,
Il n’y a qu’à son évocation que l’espoir renait,
Il n’y a qu’en prosternation devant lui que le sens nait,
Ce mot c’est Allah, l’Unique! libérant l’être de sa case ...

R.A

jeudi 18 février 2016

A tes pieds





Me voilà enfin arrivé, en émoi,
Malgré mon état de flegme,
Pour retrouver ce moment intime,
Devenu nécessité vitale pour moi.

Regarde, je suis là, avec mon cœur,
Accepte ces présents de chrysanthèmes,
Témoin de ma passion à vie de poème,
Avant que je reprenne ma vie de bohème,

De tous les chemins menant à tes pieds,
C’est celui de mon cœur qui se pâme,
A l’idée d’être prêt de ta flamme,
Qui apaisent mon être errant nu-pieds,
  
Je ne peux empêcher la souvenance de ta lotion,
Cette chorégraphie où mon cœur fut à genoux,
Au cri désespérant devant le ciel en fusion,
Pour ce voyage imprévu fait de courroux,

Sur le chemin de la liberté, le passé défilant,
Epris par la mélancolie, mes larmes filants,
Mon esprit égraine nos mots d’amour,
Afin de se soustraire des calembours,

Le temps remonté, voilà ce premier pas,
Ce regard oublié, à présent épuré,
Qui ramène magie et passion à la réalité,
Inondé par le chagrin de mon cœur sans as,

Oui il est l’heure  du premier pas,
Comme à l’accoutumé, la gorge nouée,
Je dois me retirer, le cœur serré,
Me voilà démuni devant ce destin las,

Dans ce silence, le ciel pleure avec moi,
La solitude m’appelle sans toi,
Malgré ma douleur arrosée,
Avec  mes larmes estimées,

Je ne peux oublier, ce sourire, ce regard,
Comment taire, cette tendresse d’égard,
Je ne vis qu’à travers nos souvenirs  vivants,
Tout me ramène à toi malgré le fêlant,    

Ici à tes pieds, je t’admire,
De mes sentiments, ivre,
Je bois le calice jusqu’à la lie,
Pour tant d’inconstance sous pli.

Je rêve souvent de toi,
Si tu savais, de toi à moi,
Je me surprends à espérer,
Un câlin tel un enfant apeuré.

Tu es là, de marbre, sur le flanc,
Drapée, pour ce voyage, tout de blanc,
Tel un pèlerin espérant la pierre,
Cachée par le voile de la terre,

Je reviendrai sans faute promis,
Caresser ce drap de terre qui est tien,
Te prouver ma passion de lien,
Malgré un destin sans permis.

Repose-toi ô belle âme, à la merci tu l’es là,
Mes Fatiha et invocations te sont destinées,
Espérant pour toi la plus belles des grâces,
Pour une miséricorde sans égale de la part d’Allah.

 
 R.A

mardi 16 février 2016

L'odyssée de philomèle






Embarqué sur ma chalande fugace,
Caressé par l’aquilon de face,
Je m’éloigne à regret de la rive,
Poussé par cet éclair de vie si brève,

Je brave de nouveaux orages,
Pour de probables naufrages,
Tanguant sur ces vagues insensées,
Malgré mon fragile esquif zélé.

Défiant la fleur perdue de l'âge,
Je ne peux me résoudre aux adages,
Faisant de l’amour ce philomèle aveugle,
Qui, malgré la vue retrouvée se voile.

Je t'ai cherché entre ciel et terre,
Même ailleurs, là où le silence est leurre,
Par-delà l’horizon fertile de mes songes,
Je t’ai aperçu, bien des fois, guidé par tes longes.

Je me lénifie à la pensée de ton regard,
Au gré de ce destin incertain,  
Sous la voûte céleste sans égard,
Pour un rêve imaginé au fusain.

Nous avions composé des promesses de pair,
Confié aux cieux nos sentiments étoilés,  
Au fil de nos échappées et désirs enflammés,
Nous avions scellé nos secrets sans impair.  

Sur les rives inexplorées, tels des nénuphars,
Les rêves les plus fous s’écrivent à l’encre du cœur,
Pour des souvenirs à deux, à l’antre des regards,
Dans la confidence où tu règnes sans peur.

Par-delà les étoiles de la nuit, j'irai dans les layons,
Piqué par les blés, fouler l'herbe élancée,
Songeur, j'en fleurerai la fraîcheur à mes sens.
Je laisserai le zéphire me décoiffer.

J’admirerai le son du silence, suspendu sans tirade,
Mais l'amour immuable élèvera mon âme,
Et j'irai loin, dans le désert, comme un nomade,
Par ce Monde, enchanté comme avec une femme…

Ma solitude imaginera ta compagnie avec ou sans toi,
Quelque part, entre folie et raison, sur le champ de bataille,
Où le destin croisé noua par nos larmes une passion de taille,
Nous voilà, en quête d'une grâce d'Allah pour une foi.   

R.A

lundi 8 février 2016

Il y a cette fois





Il y a ces instants,
Où le cœur se serre,
Rattrapé par ses souvenirs,

Il y a ces périodes,
Où l’âme vit son mal être,
Noyée de réminiscences,

Il y a ces états,
Où le corps offre ses larmes,
Au chevet de ses souvenances,

Il y a ces latitudes,
Où l’esprit s’effondre,
Dans une chute sans mot de rappel,

Il y a ces spleens,
Où le phonème est inaudible,
Au silence évocateur,

Il y a ces repentirs,
Sans lendemain fait de mirage,
Détruisant la fitra au réveil,

Il y a ces mille regrets,
Où la honte fait vivre sans miroir,
Au carrefour de ces effluves mémorables,  

Il y a le cœur dictant l’esprit
Entre deux, un fossé de raison,
Faisant du rêve un cauchemar prévenu,

Il y a, oui ces regards,
Trahis malgré tant d’amour,
Où la décence impose la terre, aux croisés,

Il y a toi, il y a moi,
De nous deux, un présent  vespéral,
Pour un cœur sans véritable passé,

Il y a cette fois, pour la foi,
Ce destin qui ramène à Allah,
A la quintessence de la raison d’être,

Il y a cette fois, cette liberté,
Perdue de vue par tant de laideur ...
Enfin, retrouvée par la grâce d’Allah.

R.A