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mercredi 26 juillet 2017

Mes lettres de jeunesse



Ô mes mots de délice, de liesse , de jeunesse,
Vous êtes là ! tel un échanson prompte à l'ivresse ;
J'admire à la chandelle, dans ma solitude à genoux.
Pâmé je le suis, malgré mon esprit ne jurant que par votre âge !
Permettez-moi de me fondre, moi, l'inconciliable devenu si sage,
Pour verser mes dernières perles de valeur avec vous !

Du haut de ma jeunesse ! j'étais avide sans retenue de songes !
Le rythme des chants de l'espoir m’enivrait de mensonges.
Les yeux au ciel, je ne savais lire, l'astre qui lui !
Plein d'assurance, mon orgueil de toi, en mon cœur seul, je nomme !
J'étais à la fleur de l'age l'innocent, fugace ! de lui, moi l'homme
De confusion, piquer d'un fard, je le suis aujourd'hui !

Ô insouciance, instant fait de chimère, d'inconscience, que de grâce !
À patienter, à épier la nuit tombée, les toges de ces princesses furtives !
Imaginer l'impossible rencontre, ce regard jeté !
Désirer une existence entière d'amour, de notoriété et de gloire !
Habillé de blanc, fier, prisant le précieux, le sublime, et croire
À la pureté embrassant l'éternité !

Oui, l'expérience est passée chez moi. Qu'importe
Si j'ai retrouvé la vue, de là où je suis,  à ma porte
Qui par delà ses forces frémit en tournant !
Ô souvenir ardent ! d'un temps révolu, à la lumière si sombre,
Qui près de cette béatitude me recouvre de son ombre,
Rayonne comme jamais maintenant !

Que suis je devenue ? loin de vous, ô mes belles années,
Pour m'avoir livré, sans que je ne puisse retenir ces envolées, 
Pensez vous que je suis comblé ?
Non, comment l'être ! quand je vous relis sur ces lignes si belles,
Quand le passé m’écrase au point de ne pouvoir prendre vos ailes,
Que suis je devenue ?

Ô doux miroir ! à l'immaculé jeunesse sans tache,
Habillé de sa toge de neige où notre amour s'attache,
Réapparait à la croisée des destins en chemins,
On s'y accroche, pour y verser tant de larmes amères
Sur les lambeaux flétris du temps passant riche de chimères
Où vide et tendu restent vos mains !

Passons ! Passons ! à travers le cimetière de la jeunesse qui est morte,
Sentons l'alizé nous transporter à l'horizon qui emporte
Vers ces rives à l'éclat si obscur.
Que reste-il de nous ; nos œuvres à la nuance de blême.
L'âme, éperdue, sillonnant les impasses dans un désert balayé par le vent même
Qui ne laisse ni trace, ni mémoire, sur ces dunes érigées en mur !

Ô Allah, guide moi à travers ces impasses qui me privent de ton amour !

R.A


1 commentaire:

mehdi a dit…

Étrange invocation ^^ Je ne peux m'empêcher de tout faire à l'envers mais forcément c'est la dernière chose qui m'a interloqué, donc la plus proChe dans le temps. Qu'Allah nous guide sur le chemin de la droiture et surtout surtout surtoutttt pas celui qui nous priverait de son amour.

J'en reviens au début. J'ai trouvé ce poème tres beau mais dans l'ensemble je ne tombe pas sur la même conclusion. La fougue de ta jeunesse te manque peut-être, tu ressentais ta liberté et celle qu'elle octruait à tes mots mais il y a bien plus de valeurs à la sagesse, j'ajouterai même plus de saveurs. La grammaire se perfectionne, la subtilité se renforce, les thèmes plus centrés, les futilités effacés.(je te trouve même assez jeune parce que c'est la liberté en ce moment sur le blog lol).
Relire ces belles lignes et être nostalgique n'apportera rien de plus que rêverie. Il faut maintenant songer aux lignes du futurs, idéalement à celles que nos anges scribes notent continuellement :)