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jeudi 6 juillet 2017

Une âme





J'étais cet être, novice, tel une âme de créole,
Épris par la fougue, à l’appétence frivole,

On me dit poète, moi, le pessimiste du désir,
Lauriers d'un instant hardie, dans les bas fond du plaisir,

Toujours disposé, sans préjugé, à aimer tel un ange
Ne croisant, ici et là, seulement des âmes de fange,

Peu cernée, scalpée et déluré à tout moment,
Mais acquiesçant sans mot dire, sans épanchement,

Et sans réconfort, filant de cette vie,
Aux abîmes du moi, de contrition asservie.

Âme infortunée que d'un baiser vermeil
Embrasse son voyage crépusculaire, sans soleil,

Poussière du zéphyr, emporté vers le reste,
Fatalité oblige, tout n'est que funeste,

Dans cette vie sans valeur, fait de labeur ; ici-bas
Ne partageant qu'amertumes, lancinant combats

Dans ce cœur mis à terre, de tristesse, frêle
Telle une feuille d'automne devenue avicole.

Heureusement l'espérance était là, sur la voie,
Elle croyait, et Allah était bien plus qu'une foi,

Pour cette âme dépitée,
Finit, que la vie a décapité.

Enfin au cimetière,
À l'aube grisâtre, une prière

Fût dite : une âme à la vie manqua,
Et ce vide, c'est tout juste si un cœur la remarqua.

R.A

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