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mardi 15 août 2017

J'ai regardé



J'ai regardé le ciel de mes souffrances,
J'y ai vu la pluie sombre  de mon cœur,

J'ai regardé la terre de mes traces,
J'y ai vu les graines putréfier de mes mains,

J'ai regardé la mer de mes blessures,
J'y ai vu l'écume souillée de mon âme,

J'ai regardé l’arbre de mes espoirs,
J'y ai vu les racines talées de mon cœur,

J'ai regardé les fleurs de mon jardin,
J'y ai vu des couleurs fades de mon estime,

J'ai regardé les étoiles de ma jeunesse,
J'y ai vu l’éclat mort-né de mes illusions,

J'ai regardé le rossignol de ma fenêtre,
J'y ai vu l’hymne mortifère de mes amours,

J'ai regardé les muses de mes fantasmes,
J'y ai vu le diable de mes passions, 

J’ai regardé les livres de mes références,    
J’y ai vu la poussière de mon indifférence,

J’ai regardé la parole divine du Coran,
J’y ai vu les larmes de ma jeunesse,

J'ai fini par regarder mon cœur,
J'y ai vu mon âme assoiffée pour une foi.

R.A

vendredi 11 août 2017

Chante ô bulbul !



  

Ô bulbul pourquoi chantes-tu ?
Le printemps des amours est mort,
À quoi bon cette si belle mélodie ?
Le soleil des désires est mort.

Ô bulbul pourquoi chantes-tu ?
L’été des passions est mort,
À quoi bon cette hauteur de vue ?  
L'horizon de la folie est mort.
  
Ô bulbul pourquoi chantes-tu ?
L’hiver des rêves est mort,
A quoi bon cet humeur altier ?
L'esprit des fantasmes est mort.

 **

Ô bulbul chante, chante tu as raison !
L’amour est ce kandjar à la main de la bien-aimée.
Ô bulbul chante, chante encore,
Rappelle-moi combien je suis dans l’erreur.

Ô bulbul chante, chante tu as raison !
L’amour est ce vin à la main du bien aimé.
Ô bulbul chante, chante encore
De l’ivresse j’en ai besoin, de la pluie mon cœur se noie sans le soleil.


R.A    

Pauvre mendiant !




Je t'ai quémandé de grâce un regard,
Et tu m'as ignoré de tes yeux sublimes.

Je t'ai quémandé de grâce un sourire,
Et ton visage d'ange est resté de marbre.

Je t'ai quémandé de grâce un baiser,
Et tu m'as de tes lèvres roses blessé, planté de tes épines les maux : Pauvre mendiant !

Ô ma muse, sans un regard,
Ô ma dulcinée, sans un sourire,
Ô ma sultane, sans un baiser, 

Comment aimer la vie ? 
Comment cheminer dans le désert ?
Et à quelle source dois-je m'altérer si j'ai éternellement soif de toi ?

R.A

jeudi 10 août 2017

Mon bassin



L'eau caresse et coule sur le marbre de mon bassin,
Et c'est l’hymne du printemps qui se présente à moi.

Les arbres fleurissent autour de mon bassin,
Et c'est le carmin du printemps qui s'éveille en moi.

Le soleil se regarde d'ans l'eau claire de mon bassin,
Et c'est la joie du printemps qui s’égaie en moi.

....



La lune se trouble dans l'eau agitée de mon bassin,
Et c'est son visage, pâle d'amour qui hante en moi.

Mais la nuit enténèbre l'alternance de la clarté de mon basin,
Et mon cœur ne sait plus si ma bien-aimée rêve encore de moi.


R.A

Ô Éploré !




Pourquoi charmes tu - ô Esthète - puisque ma bien-aimée s'en est allée de ses parures ?

Pourquoi chantes-tu - ô Philomèle - puisque ma bien-aimée s'en est allée vers le silence ?

Pourquoi brilles-tu - ô Astre Céleste - puisque ma bien-aimée a détourné son regard ?

Pourquoi rêves-tu - ô Jeune Houris, Jeune Éphèbe - puisque le bonheur est un doux mirage ?

Je chante encore entends-tu - ô Éploré - parce que d'autres ont le soleil au cœur.

Je brille encore vois-tu - ô Éploré - parce que d'autres ont les étoiles aux yeux.

Et si je vis de mes songes - ô Belle Âme - c'est que demain qui sais ?

Dans ton cœur une place me sera réservé peut-être.


R.A

Mon amour



Je ne l’avais encore point remarqué,
    Que - déjà - il m’épiait de tout mon charme.

Je ne lui avais encore point offert mon sourire,
    Que - déjà - il avait écrit ses sentiments.

Je ne lui avais encore point adressé un mot,
    Que - déjà - il m’avait juré l'éternité de son coeur.

Je ne lui avais encore point fait allusion aux noces,
    Que - déjà - il m’avait parlé de la blancheur du diamant.

Je ne lui avais encore point évoqué la nuit nuptiale,
    Que - déjà - il m’avait parlé de la braise de son corps. 

Je ne lui avais encore point évoqué mes conditions,
    Que - déjà - il m’avait parlé qu'elles étaient les siennes 
Et quand - après - je lui accordé l'exclusivité de mon regard,
    Il a détourné les yeux.

Et quand - après -  je lui ai dit pourquoi pas,
    J’ai senti son âme évasive. 

Et quand - après -  je lui ai souri,
    J’ai senti son cœur ailleurs.

Et quand - après -  j’ai balbutié « Je t’aime »
    Il m’a répondu : Le destin ne promet rien.

Et quand - après -  j’ai crier « Mon amour »
    Il m’a répondu avec le silence de l'absence.

R.A 

mercredi 9 août 2017

À l'indifférence de la vie



Ô Allah, j'ai senti Ta grâce,
De la force d'avancer, Tu m'as donné.
Ô Allah, j'ai senti Ta miséricorde,
Au repentir de l'espoir, Tu m'as consenti,

Ô Allah, égaré dans les bras des sirènes,
Sur le rivage de la vie, Tu m'as ramené. 
Ô Allah, pris dans les filets de la passion,
De la mort de mon cœur, Tu m'as ranimé. 

Ô Allah, j'ai senti Ton pardon,
De l'océan de mes péchés, Tu m'as sauvé.
Ô Allah, j'ai senti Ta clémence,
Devant le miroir la tête relevé, Tu m'as permis.

Ô Allah, blessé par l'indifférence de la vie,
Sur le rivage de la foi, Tu m'as échoué. 
Ô Allah, enfermé par l'injustice des Hommes,
De la liberté de mon esprit, Tu m'as comblé.
 
Ô Allah, j'ai senti Ton Amour,
De larmes au cœur aride, Tu as abondé.
Ô Allah, j'ai senti Tes signes,
Des abysses de mon âme, Tu m'as guidé.

Ô Allah, à l'indifférence des cœurs,
À l'indifférence, Tu m'as rendu indifférent. 
Ô Allah, à la rivière des illusions,
À l'apaisement du cœur, Tu m'as conduit.  
 
Ô Allah, j'ai senti Ta pluie,
À mon encre troublée, Tu m'as redonné ma plume.
Ô Allah, j'ai senti Ton soleil,
Mes mots ont fleuri sans maux, Tu m'as privilégié. 

R.A


mardi 8 août 2017

Ne me parlez pas !

 
 
Ne me parlez pas de sagesse,
Des anges - j'ai tout perdu,
Ne me parlez pas de péché,
Des diables - j'ai tout appris, 

J'ai croisé tellement de gueules d'anges
Presque diable, que j'en suis devenu,
J'ai croisé tellement de faux diables
Presque ange, que j'en failli être,

En creusant mes péchés la nuit tombée,
J'ai trouvé tant de sagesse le jour venu,
En comptant mes bienfaits de vues,
J'ai commis tant de péchés aveugles,

Ne me parlez pas de sagesse,
Aux anges - j’ai tout rendu,
Ne me parlez pas de péché,
Aux diables - j’ai tout pris,

Laissez moi Homme,
Tel est est mon destin,
Laissez moi à ma foi,
Le seul juge! Allah en sera. 

R.A

Me voilà !



Tu as encensé mes yeux de rossignol,
Me voilà amoureux de toi, ô Djahane !

Tu as exalté la musique de ma voix,
Me voilà éperdu de toi, ô Djahane !

Tu t'es enivré du printemps de mon corps,
Me voilà fleuri de toi, ô Djahane !

Puis, tu as piétiné mon cœur.
Me voilà sous terre loin de toi, ô Djahane !

R.A

Ô Djahane !





Ô Djahane, ce chemin tu l’as emprunté avec moi,
Tu es morte  – et le soleil brille de mille feux.   

Ô Djahane, à cette source tu as bu dans mes mains.
Tu es morte – et la source n'a pas tari.

Ô Djahane, à ce miel tu as goûté dans ma demeure.
Tu es morte – et le miel est resté aussi doux.

Ô Djahane, sur ce rosier tu t'es penchée dans mon jardin.
Tu es morte – et le rosier fleurit toujours.

Ô Djahane, sur le rivage de l’oubli tu as observé mes étoiles,
Tu es morte – et le ciel de la solitude étoilé brille encore.

Ô Djahane, près de mon âme, tu as entendu l'adhan retentir,
Tu es morte – et les minarets continuent de chanter la foi. 

Mais mon cœur, tu l'avais pris entre tes mains.
Tu es morte – et mon cœur repose dans sa tombe.

R.A

Ô mère !





Ô mère ! Comme une poussière sous la paupière, mes yeux souffrent du chant céleste de mon âme.
Au chagrin de mes amis morts, je me lève au milieu de la nuit, mon corps me refuse le repos.

Ô mère ! Je ne trouve plus le sommeil ! J’erre dans le désert de la solitude occupée par le silence.   
Je trempe ma plaie dans divers parfums, mais les nuances de la douleur finissent toujours par fleurir.  
Je l’enveloppe de pansement au clair de lune, et pourtant, la douleur ne diminue pas, elle se fait plus belle.

Ô mère ! Je respire doucement pour apaiser la douleur. 
Ô mère, la plaie, à la place, me remonte au cœur et finit par me mordre.              
Ô mère ! Ne suis-je pas trop jeune pour traverser l’océan du chagrin, la vague de la douleur ?
À la fleur de l’âge, j’ai besoin de conseils ! Qui se présentera à la porte de mon cœur pour me conseiller ?

Ô mère ! Je pleure avec les lèvres fermées pour que le monde ne m’entende pas pleurer.
Je mange la morsure de la séparation cuit par le destin qui a fini par heurter ma vie.

Ô mère ! J’ai bu les larmes de la rose salées de souffrances pour donner du courage à mon cœur de supporter la souffrance.
Ô mère Quel gardien de serpent a une peau qui ne mue pas ? 
Personne ne me donne une peau qui reste avec le corps pour toujours.

Ô mère ! Comme un ascète qui implore à la porte des gens, je cherche la compassion dans le regard de l’indifférence.
Ô mère ! La douleur, l'amour sont comme un papillon crucifié pour toujours.
L'amour est telle une abeille dont la luxure des champs fleuris reste à des milliers de kilomètres de là.

Ô mère ! L'amour est un palais où personne, sauf les âmes, vit. Si tu savais comme j’ai froid ici.
Ô mère ! L'amour est une cour où le lit de la nuit nuptiale n'est jamais posé. Le bonheur de la nuit m'est interdit depuis !

Ô mère !  Dis aux esprits qui m’habitent de ne pas évoquer le nom de mes amis morts à haute voix au milieu de la nuit.
Ô mère ! Je crains que, après être mort, ce monde vicieux, me qualifie de fou à la prose misérable.

R.A