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vendredi 10 août 2018

Ecrin de rose





Je languis mes exigences de la vie, mes principes de cœur,
C’est certain que mon âme languit la douceur jadis empli de foi,  

Je connais l’épreuve du temps et son lot de souffrance  tel un pasteur,
Mais ce que demain me réserve, je n’en connais point la loi,

J’ai vu la mort sévir comme un fléau sans bruit,
Déciment sans compter de jour comme de nuit,

Si par malheur tu ne sais relativiser et que tu n’as point de tact,
Tu seras broyé par la vie à l’envi sans acte,  

Peu importe ta terre, sans bonté elle n’est que désert sans puits,
Et qui redoute l’offense sera certes offensé.

Celui qui a un privilège, le dissimule à son prochain,
On le méprisera en tout temps et tout lieu, et il sera maudit,

Celui pour qui les mots ne sont pas vains,
Certes il connaitra la sagesse et ne sera point honni.

Celui qui prend la mort comme conscience,
Sait que même au firmament elle l’épousera de sa présence.

Celui qui mise une bonne intention en mauvaise destinée,
Il lui reviendra en mal sans pitié, et il sera indigné.

Celui qui se livre sans combat et ne défend pas sa cité, sera détruit,
Quand bien même il est docile, sera maltraité et à jamais anéanti,

En tout fidèle il faut voir, son ennemi juré,
Et qui ne s’honore pas sera déshonoré.

Et quel que soit la citadelle de tes vices, enfoui et méconnu,
Crois-tu le bien dissimuler, sera bien manifestement reconnu.

A rester ravi devant tant de gens muets,
On finit par croire que le silence est rempli de leur maux filer par le rouet.

Tel une rose posée sur écrin au visage sans nom, précieusement enfermée, 
On finit par se mordre, d'avoir si souvent pas su la tenir,   

La langue est notre moitié, le cœur, le restant il ne reste que l’aspect,
La chair et le sang dans une enveloppe à l’âme suspecte …

R.A

jeudi 9 août 2018

Le vin de l’amour



 

Comment oublier cette apparition !

Un soir paisible, appuyée à la rampe
De sa balustrade, admirant les cieux.
À travers les rideaux, la clarté d'une lampe
Rayonnait sur son visage à l’air sérieux.

Ses cheveux soyeux, magnifiant sa tempe,
Se balançaient, embellissant son visage gracieux,
Telle une rose effeuillée qui sur la neige rampe,
Sous un ciel étoilé scintillant dans ses yeux.

De cet instant, où le silence se tue devant le mystère
Seules les jérémiades de la houle aux murmures confus
Contrarient l’alizé dans les coquillages frémissants et touffus.

Les yeux rivés vers le ciel, elle ignorait la terre,
Moi, je l’épiais admirablement, et j'ignorais le ciel !
Ô sublime présent ! Le vin de l’amour est miel !

R.A

mercredi 8 août 2018

Harem





À la plus belle du Harem
Perle précieuse des cieux
Bien aimée du royaume

De ton parfum mon désire
S’embaume à la joie tel un sire
Entiché d’un bonheur cathartique

En ce cœur 
Où renaissent la source et le laurier
Et de toi en moi s'éveille en premier

Ta mesure
Ta volupté
Ta sensualité
Si pure

Ton visage 
Une image 
Tes cheveux
Tes yeux
Tes lèvres
J’en ai la fièvre

Quel beau voyage ...
Du vent
Des cieux
Des mers
Des fruits
Et puis cette passion ...

Aux mots d’amour
Entre tes lèvres reflets
Des mets du cœur

Plat d'or envoutant mon esprit esthète
À la vue de tes babines vermeilles
Luisance des plaisirs intimistes !  

R.A

Misère du quotidien




Vois-tu encore cet étranger ?
Assis là, sur ton chemin du quotidien,

Vois-tu cet être mise au ban ?
 À la dignité coupée de ses liens,

Vois-tu cet inconnu devenu carcan ?  
 Fardeau à ta conscience devenue l’étranger,

Vois-tu ton semblable ?
Si aimable,  

À l’âme froissée par ces ombres ignorantes,
Jour après nuit une condition lancinante,

Abime de son cœur grelottant d'insomnie,
Face à l’humain pétri d’ignominie,

Contre ta vitre aux rideaux levés,
Mur transparent de tes préjugés,

Où vient se briser...
Son rêve si familier,

Ce droit à la dignité !
Vois-tu ? 

R.A