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lundi 24 juillet 2017

Désir

 


Ô Allah !  accorde moi une dernière larme,
Jaillissant de ma foi, brûlante de ce cœur à l'abîme,
Qui acquiesce chaque jour l'indicible supplice,
Où mon âme se pâme d'un destin sans délice.

Ô Allah ! fais moi vivre à jamais l'intensité du désir,
Éprouver la sensualité, le sublime de l’amour bohème,
Quand bien même prostré de douleur à en périr, 
Je dois affronter l'océan de la rage en birème.

Puissé-je espérer ta miséricorde, ô Allah !
De Ta Grâce, être rempli d'une foi de Toi !
De ce sablier à ton ordre, permet moi un nouvel aloi,
Dans ce voyage au parfum de purgatoire où j'en suis las.

R.A

jeudi 20 juillet 2017

Ces petites gens



Écoute ces cris sourds,
Regarde ces blessures,
Ces combats éternels,
Ces solitudes charnelles, 

Entends-tu ? L’agonie, 
Elle est là, passagère, 
Tel un cycle en lisière,
Libérant les maux de leur nid ...

Admire la volonté de ces petites gens,
Vois-tu leur courage, leur dévouement ?
De jour comme de nuit, à contresens,
Ces sacrifices au prix de leur vie, ils avancent,   

Défiant la fatalité et  conjurant le sort,
Pour alléger l'âme de ce corps sans port,
De ce poids, de cet héritage en latence,
De ces regards à deux en chiens de faïence,

Ces regrets toujours tranchants, éphémère,
Où les désirs, les espoirs du printemps en fleur,
Retardent l’avènement, le repentir sincère,
Qui n'est chose aisée pour le cœur ...

L'intention n’est telle pas mère de nos choix ?
Ce n'est qu'une question de volonté,
Exultant, à vrai dire, les poitrines scellées,
Où réside le fardeau des normes ficelées.

Perpétuel quête de bonheur, d’Amour,
De celui qui aime et aimera toujours,
Ce parfums enivrants de la liberté
Replongeant un instant vers l'insouciance.

Dans la ronde d'un grand manège,
Émerveillé par ce flocon de neige,
Triste quête de strass et de paillettes,
Le cœur balais d'un revers de main,

L’argumentation acérée de la raison,
La sagesse éclairée de l’esprit,
Le chemin difficile de la foi ...
Pour un remord souvent sans leçon.

Rebelle-toi du présent,
Pour accepter le futur,
Tel que tu es, sans fioriture,
Dirige tes pas vers Allah, l’Unique. 

Là se trouve ta félicité nul doute ! 

R.A

mardi 18 juillet 2017

Je pleure mes larmes






Je pleure mes larmes qui ne mouillent plus, je pleure mes larmes sans mot, pleins de maux. L’encre de ma plume embrasse à tour de rôle les larmes et les soupirs, exhumant à chaque éclaire en plein jour, les aphtes de mon âme. Dans ce tunnel de la pénitence la lumière se fait désirée au fil de mes pas. Il n’y a rien de plus pénible, que cette traversée du désert où le poids du fardeau fait de la conscience une ancre des plus lourdes, amarrant mon corps et mon esprit sur les berges de l'horizon aux regrets tatoués sur la chair de mon âme me rappelant qui je suis...

 L’épreuve de la solitude marchant sous le ciel des remords est plus dure que la chute, la lumière de l’espoir aussi sombre que les ténèbres des regrets. Une étincelle provoquée et voilà le désespoir envahissant, étouffant pour une âme perdue dans ce sable mouvant de sa conscience. Quel que soit la direction et le lieu, aucun événement vient effacer les souvenirs du cœur, le livre des actes, les lignes où l’encre a séché au soleil du passé. 

De cet abysse faisant écho à ma foi, l’intensité du désir de renaitre se met à scintillé à la croisée du jour et de la nuit avant de s’évanouir telle une onde évanescente. Pourquoi est-il plus facile à mon âme d’écrire sur ses quelques peines alors qu’il baigne dans un bonheur ? Pourquoi lui est-il facile de crier ses manques alors qu’il garde le silence pour les bienfaits qui le comblent ? 

C’est dans l’épreuve que les vrais amis se révèlent, c’est dans la même épreuve que les hypocrites et les lâches s’illustrent également sans scrupule. Il y a ces silences de l’indifférence, ces silences envahissants et ces silences pesants, voir fracassants qui sont d’une rare violence sans nom, d’une intensité que seul celui qui la connait et la vit, peut en mesurer la meurtrissure. 

La vie est cette école qui te dévoile les faux saint, les fausses perles où dernière l’habit des apparats de circonstance se cachent les sirènes des abysses, les lucioles te menant vers les ravins de la mort.
Je pleure ces instants, ces souvenirs où mon cœur versait les larmes de foi, où le souvenir d’Allah mettait en branle tout mon âme, où le rappel d’un croyant avait une résonance certaines pour mon cœur. 

Je pleure ces paroles, ces recommandations où ma raison épousait la sagesse, où mon esprit admirait la justesse de ces mots prophétiques, où ma conscience trouvait du sens dans les dires de Muhammed (saw).

Je pleure ces moments, ces émotions où mon cœur frémissait à l’idée de rater le Fajr, où seul avec moi-même au crépuscule mes larmes remerciaient Allah du privilège d’être sur le chemin de la mosquée. Je pleure du temps où mes amis étaient Abou Bakr,  Umar ibn al-khattab, Othman ibn Affan et Ali Ibn Abi Tâlib. Je pleure de ne plus voir, d’être indigne de ces étoiles qui m’ont tant inspiré durant ma jeunesse,  que sont Talha Ibn UbaydAllah, Zubeyr Ibn Al ‘Awam, Sa’ad Ibn Abi Waqas, Sa’id Ibn Zayd, Abu Ubayda, Umar Ibn Jarâh, Abderrahmane Ibn ‘Awf et Salmân Al-Fârisî… 

Je pleure chaque seconde perdue, chaque occasion manquée, chaque opportunité non saisie, où le repentir était à portée de cœur, où la lecture du coran délaissée pour des futilités sans pareil m'ont embelli le cœur au couleur du fusain. Je pleure mon impuissance face la jouissance éphémère qui a pris le dessus en me condamnant à l’errance éternelle en attendant la rencontre de mon Seigneur. 

De Nishapur à Samarcande, d'Ispahan à Bagdad, de Damas à Istanbul, légion sont les érudits, les Savants et les Poètes éperdus dans les affres de l'Amour mais qui ont façonné les lanternes pour les âmes intrépides, incomprises de leur temps, à la conquête des limites de la liberté que leur Seigneur leur a donné parfois au prix de leur vie, parfois au prix de leur âme.  

Mes frasques ont fait de moi un poète maudit, où chaque vers, chaque rime, chaque quatrain contiennent en substance le poison qui hallucine, l’opium de l’ivresse pour égarer les cœurs en mal de vivre. De mes recueils voilà bien  un guide vers les abîmes, de mes éloges nul doute une encre sans couleur sans lumière. Que suis-je devenu ? Mes larmes ne mouillent plus, mon cœur ne raisonne plus, mon âme ne vit plus, j’ai perdu la Fitra, cette quintessence, cette essence de la raison d'être qui permet à tout Homme de rester digne face au miroir de la vie.

Mon passé m’a fait courber l’échine, je suis condamné à baisser les yeux vers la terre des damnés à qui le ciel est devenu inaccessible. Mes mots ont perdu de leur prestige, de leur sincérité, de leur éclat. Tel un alchimiste, j'ai corrompu les citadelles, j'ai sali les perles, les émeraudes et les trésors de foi qui s'y trouvaient ...   

Ô Allah à quoi bon vivre dans l’errance ? À quoi bon laisser une âme telle que la mienne si longtemps dans ta désobéissance ? De tous les péchés, il me reste les liqueurs interdites, on raconte que les grands poètes buvaient pour trouver l’inspiration, que les peintres avaient besoin de ces absinthes délirant pour extérioriser leur monde … mais moi ! Ô Allah je suis ivre sans le vin, je n’ai besoin d’aphrodisiaque pour délirer, ma plume trempée dans l’encre de mes péchés à fait de moi un être plus détestable, plus infâme et plus ignoble que cette ivrogne que l’on moque et que l’on insulte sans raison alors qu'il a bu pour trouver un refuge face au désespoir, par déception amoureuse, aveuglé il a oublié que Tu es l'Espoir…    

À toi appartient le retour, Ô Allah, de tous les désespoirs tu es l’Ultime Espoir, de tous les guides tu es le Guide Suprême, tu es l’Unique vers lequel mon âme déchue souhaite tourner son regard désespérément avant que tu ne lui ôtes son dernier souffle, son dernier mot.  N’est-il pas temps de rappeler à toi, cette âme épris d’amour pour toi malgré ses souillures ? N’est-il pas temps de refermer ce recueil, ce registre par le linceul de la paix ? 

A toi, lecteur et lectrice, voyageur et rêveur, amoureux des lettres et de la prose que mon récit ne soit romance, qu'il ne soit lettre morte, regarde entre les lignes avec les yeux du cœur, l’esprit de la foi et la raison de l’âme pour que les larmes de ton corps n’aient d’autre raison de briller si ce n’est pour les louanges infinies à Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux à la clémence infinie.

R.A

lundi 17 juillet 2017

Ivresse





De cette première tendresse,
Une ode de frisson en liesse,
Pour une caresse à l'ivresse.

De ce corps imprégné dans le calice,
A la liqueur de plaisir au délice,
J'ai bu l'absinthe de tes prémices.

Ta main posée, à fleur de peau,
Sur les rives d'un horizon en étau,
Mon cœur se libère de ses maux.

Près de toi, ma raison en élision,
Se nourrit des fruits de la passion, 
Malgré mon épiderme en suffusion.

Au regard croisé, une envolée de vers,
À l'automne où résonne le brame des cerfs,
Saisi mon destin, emporté par le Cers.

A ta chaleur, je ne peux résister sans lésion,
Ton charme fait de moi un astre en fusion,
Pour une coulée d'amour à profusion.

De toi, une jouissance au firmament,
Où mon esprit se délecte lentement,
Pour un ressentit enjoué, tel un filament.

Dans ce silence fait de rêve lointain,
Où la parole s'envole sans lendemain,
Je suis resté là, sans voix, tel un dédain.

Devant tant d'espoir, en larmes,
Me voilà, nu de mes fantasmes,
Au chant déroutant des orgasmes,

Tu as fait de cette nuit,
Une romance sous la pluie,
Pour un instant qui a lui.

De passions échaudées  aux effluves charnelles,
À la lueur d'une fusion dansante à la chandelle,
Nos ombres se dévorant, telles des sentinelles,

Nous voilà inscrit, destin croisé,
De foi et d'épreuve, certes enlacées.
À Allah ! nul doute le sors des destinées ...


R.A

jeudi 13 juillet 2017

La parole du regard






Il y a ce visage,
Beauté généreuse ,
Emportant l’esprit,
Dans un silence,
De mots grandioses,

Entre ombre et lumière,
L'esprit  subjugué,
Saisi le miel de ce regard,
A l’éclat intimidant  ...

De cette finesse,
Aux traits parfaits ,
Sa sensualité se dévoile,
Malgré ce voile de la pudeur ...

Une invitation au rêve,
Un horizon de fantasme,
Où l’on peut admirer,
Cette muse unique ...

Devant autant de charme,
Autant de légèreté épurée,
L’exquise sensualité,
Devient un tableau lascif ...

Beauté éclatante,
Pour une caresse du regard,
Exaltant le ressentir,
Pour un désir vibrant ...

Exposé à la nuance,
La douceur rayonne,
De ce visage sublime,
Appelant à lever
Le voile de cette perle ...

Moment magique,
Fait d’étincelle,
Entre émotion du cœur,
Et ferveur d’esprit,

Le Parfum envoutant,
De ce visage généreux,
Réveille l’appétence,
Pour ce regard pétillant,

Ce regard de chair,
A l’âme si belle,
Ayant honorée
La maison sacrée,

Impose le respect,
Pour une dignité,
A l’honneur sacré,
Malgré la folie des âmes,

Devant cette élégance ailée,
Seul une foi sincère ,
Par amour d’Allah,
Retient le pas vers la muse ...

R.A

mercredi 12 juillet 2017

Ces envols






Ces envols ...

Comme des ukases, des histoires, qui vous saisissent à la gorge, à l’estomac, au derme, aux tripes. Une envie d’un ailleurs, une envie de pleurer, oui pleurer sans honte ses émotions, ses sentiments, ses déceptions et ses espoirs. Puis des jérémiades, des sanglots, des douleurs, des regrets … des bonheurs. 

Il faut affleurer, encore et toujours. Abandonner un lieu, des références, un monde,  ceux que l’on chérit, une personnalité, une péripétie, des regards, un sourire, des rires... Laisser pour découvrir, partir pour se perdre, renoncer pour conquérir.
 
Un cœur étouffé et un vœu de liberté pour une carapace fendue mais encore debout… Les envols sont des échappées vers des contrées, des cœurs à découvrir à conquérir.

Quitter ses terres, sa demeure, sa patrie et partir, oui partir au nom du sens pour chercher le sens : d’une vie, d’une histoire d’une quête, pour un renouveau de la foi…  pour mieux apprécier la simplicité, le contentement de ce que l’on a et apprendre à son cœur à pleurer au simple souvenir des grâces infinies accordaient par Allah.

Il faut donc toujours abandonner ? Partir ailleurs, reconstruire ? Ses repères, ses chemins, ses souvenirs ?  Vivre c’est renoncer ? Partir c’est cheminer, regretter et sourire ? Partir c’est relativiser, chérir et mûrir ? Partir c’est trépasser un peu ?

La route me hélait, m’ingurgitait, me dégustait déjà. J’étais en mouvement, j’étais affairé.
Les décrets de la vie. Il faut parfois demeurer, parfois quitter sans se retourner, sans mots dire : accorder, voir honorer le silence, l’oubli… Badiner et s’apitoyer n’ont plus de sens. L’exil de soi, la quiétude de l’être, voilà un Jihad qui en vaut la peine au-delà du mythe et du martyr.

Partir, c’est exister. Partir est une façon de deviser. Saurais-je ouïr ? Les yeux humides, la gorge sèche et nouée. Les jugements acceptés, assumés pour ma liberté …

Mon destin.

R.A