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dimanche 23 juin 2019

Shirine & Nezâmi



(Scène 1/7)

Ô Shirine,
Qu'est-ce que tu attends ?
Éveille-toi Shirine !
Éveille-toi tu m’entends ? !

Ô Nezâmi,
Comment es-tu rentrée ?
As-tu perdu raison, es-tu fêlé !?
Ne crains-tu pas la mort ?

Ô Shirine,
Tu m’interroges souvent en émoi,
Que peux-tu attendre de la vie ?
Que peux-tu espérer des rêves au lit ?

Ô Nezâmi,
Notre union est la désunion de nos pères !
Contre vents et marées nous faisons la paire !
L'insolite est le lien de notre amour !
Nulle ne sait comment définir le pourtour.
N'as-tu donc pas eu écho de cette rose ?
Elle qui règne en splendeur dans les épines ?
N'as-tu donc pas eu vent de ce mythe à la p’rose ? 
Serais-tu devenu Majnûn ?

Ô Shirine,
Entre naissance et trépas, es-tu aveugle, es-tu sourd ?
N’entends-tu pas les fragiles battements de mon cœur ?
Dans ce monde à la réalité sans rêve,
Loin de toi en moi je n’ai de trêve, 
Sans toi je suis qu’une étoile filante,  
Ma vie est une trajectoire imparfaite.  

Ô Nezâmi,
Avec des attaches de joie,
Relie mon cœur à ta soie,
Je n’ai sans toi autre désire,
De jour  comme de nuit tout est pire.

Ô Shirine,
Oui ce soir je veux être égoïste !
Abattre les murs empêchant l’horizon de naitre !
Je veux détruire la retenue de nos maîtres !
Ils ne peuvent saisir ces alchimistes !

Ô Nezâmi,
Pourquoi chercher la délivrance ?
Quand mon but est la patience !
Pourquoi hâter notre échéance ?
Quand la tradition est une chance !

Ô Shirine,
Tu as beau te cacher au cœur des apparences de circonstance,
Tu nourris en moi jusqu'à la germination la semence,
Mon fantasme de te dominer jusqu'à l’éclosion de la jouissance,
Je rêve de déflorer la mûrissante de l'ivresse jusqu'à l'abondance,
Tu es ce fruit défendu que le ciel recouvre du voile de sa clémence.

Ô Nezâmi,
Depuis que ton regard m’a conquis !
Je te sens tel un parfum de voyage !
Depuis que tu as effleuré ma main !
Je n’ai de présent hors de ma cage !

Ô Shirine,
Tu es ce mystère à mon âme !
Suis-je dans la démence tel un infâme !
Laisse-moi te conquérir avant de flétrir !
Laisse-moi déchiffrer tes arabesques de soie !
Je n’ai trouvé chemin d’origan à mon dictame.

Ô Nezâmi,
Mon amour ! Tu es ce secret devenu fardeau !
Mon amour ! Tu es l’élixir au cœur de ma prison !
Une vie entière j’ai espéré ta venue tel un calice son l’échanson !
Sans tabous, je le dis ! Je suis ivre de ton visage si beau !
Mes pensées subliment ton charme en mélodie,
Me voilà en souffrance chaque fois que je le dis !

Ô Shirine,
Chaque fois que mon coeur saisi la profondeur de ton regard,
Je suis disposé à chevaucher l’horizon de ton corps pour hisser mon étendard,
Celui de ma passion indéfectible pour ton cœur attirant mes égards,
Quand bien même ma passion serait rétribuée par le justice du kandjar !  

Ô Shirine,
Tu es la beauté qui fait fondre le soleil,
Tu es le parfum qui déroute l’ascète,
Tu es la braise qui consume l’éternité,
Que puis-je ô Shirine face au miel,
Que puis-je ô Shirine face à ta sensualité,
Qui sait ce qu’il adviendra demain ?
Qui sait quel vent scindera les amants qui se tiennent la main ?
Ô Shirine offre-moi ce pourquoi ma folie renonce au paradis,
Ô Shirine, laisse-moi goûter au nectar de ta fleur interdite,
Si condamné je dois l’être !
Laisse-moi emporter un bout de ton paradis !
Si décapité je dois l’être !
Offre-moi ce champ vierge de toute impureté !
Que je puisse semer les graines avant que l’hiver ne chasse l’été.

Ô Nezâmi,
Quand bien même je suis éperdue de toi,
Quand bien même tu es éperdu de moi,
Par Allah ! Que vaut notre amour !
Si désobéissance à Allah il y a !?
Par Allah ! Que vaut l’éphémère !
Si désobéissance à Allah il y a !?
Par Allah ! Que vaut ici bas le bonheur !
Face à l’éternité qu’Il nous offre !?

Ô Nezâmi pardonne-moi !
D’être une épine lorsqu’il s’agit de me préserver !
Ô Nezâmi pardonne-moi !
D’avoir une ligne lorsqu’il s’agit de ma foi !
Ô Nezâmi pardonne-moi !
De n’être au rendez de l’inconscience, à l’idée de l’enfer !
Ô Nezâmi pardonne-moi ! 
D’être une énigme lorsqu’il s’agit de la Loi !

Patience mon amour ! 
Shirine est à toi !
Patience mon amant !
Shirine est à toi !
Patience mon prince ! 
Shirine sera ta Sabah !
Patience mon trésor !
Shirine sera toujours là !

Ô Nezâmi !
Si une poussière devait se mettre entre nous !
Ô Nezâmi que le céleste m’emporte avec toi !
Si le soleil devait briller à ma porte sans toi !
Ô Nezâmi que le zéphyr m’emporte avec toi !
Plutôt que de vivre sous un toit sans toi ! 
La mort m’est certes préférable entre nous.

Ô Shirine ! J’entends des pas ! Attends-tu de la visite ?
Même en ta présence ! Mon cœur souffre du doute !  
Ô Nezâmi ! Non ! Non ! Fui ! Va !  Pour l’amour du ciel ! Vite !
Avant que la morale te passe la corde au cou !
Avant que la médisance emporte ma virginité !
Avant que les sages deviennent des fous !
Avant que la jalousie n’immole par le feu la dignité !
Avant que la tradition ne tue les lendemains à l’espoir !

Je t’aime ô Shirine ! Que mon sang coule à tes pieds si tu doutes ! 
Je t’aime ô Nezâmi ! Que le malheur m’emporte loin de toi si tu doutes !

R.A

samedi 22 juin 2019

Chrysalide




Ô poète, le printemps t’attriste et tu as certes tes raisons, 
Toi qui verses les larmes de vers au-delà des saisons,

Ce qui fut jadis s’est envolé, ce qui est présent va voler,
Ainsi est l’œuvre du temps, à quoi bon pénitence t’imposer ?

Qu’elle est donc ce désir ? Crois-tu ordonner le la au destin ? 
Veux-tu geindre jusqu’au bout de la nuit céleste sans fin ?

Tes perles peuvent-elles racheter la jeunesse dérobée  ? 
Ton livre des comptes dispose qui sait des vierges feuillées ?

Que dire de ton silence à la rime et la prose fait de douleur ?
Peux-tu lui en vouloir qu’il s’acharne sur la faiblesse du coeur ?

Nulle n’est tenue à la fatalité de l’infortune,
Pas même l’astre royal des ténèbres, la lune !

Là où ton âme pose l’ancre,
Il y a l’éminence de ton encre,

La grandeur honore la constance ta valeur,
Sur le chemin de la vie toujours à l’heure...

R.A

jeudi 20 juin 2019

Dictame



Pareille à l’étoile filante de la nuit, qui t’en vas tu honorée ? 

Et cette prose de toute beauté, pour qui fut-elle destinée ?

De ton visage même triste, je languis le khôl qui ombrage ton regard sublime :

Voilée d’un bleu céleste, à qui donc vas-tu te dévoiler à l'intime ?

Dirai-je que tu es perle ? La perle est moins précieuse que toi,

Ou que tu enchantes les âmes ? Mais laquelle vas-tu embrasser sous ta loi ?

À présent tu es cet horizon vespéral et peu s’en faut que moi je ne rende l’âme :

Ô douleur de Nefsawi, de qui es-tu le dictame ?

R.A

lundi 17 juin 2019

Au Martyre Mohamed Morsi




ببالغ الحزن والأسى تلقيت نبأ وفاة أخي محمد مرسي أول رئيس منتخب ديمقراطيًا في مصر.

‏أدعو بالرحمة للشهيد محمد مرسي أحد أكثر مناضلي الديمقراطية في التاريخ.


‏إنا لله وإنا إليه راجعون.


With great sadness and sorrow, I received the news of the death of my brother Mohamed Morsi, the first democratically elected president in Egypt. I call upon the mercy of Mohammed Morsi, one of the most democratic activists in history. We belong to Allah and to Him we shall return. (Recep Tayip Erdogan) 

Le MAÉ turc : « Un coup d’état vous a retiré le pouvoir que vous aviez gagné de manière démocratique, mais votre mémoire sera à jamais gravée dans nos cœurs. La Oumma n’oubliera jamais l’homme que vous étiez. Que le paradis vous soit accordé.  #Morsi » #Egypte #Turquie

Darbe O’nu iktidardan uzaklaştırdı, ancak hatırası gönüllerimizden silinmeyecek. Ümmet dik duruşunu unutmayacak! Mekanın cennet olsun #Mursi

dimanche 16 juin 2019

Ô poète errant !



Ô poète,

Tes mots sont mes graines,
Tes larmes sont mes peines,

De tes vers voici les roses,
De tes rimes voici les bouquets,

De ta p'rose voici que tu oses
Le silence... tel un bosquet,

D'où je t'admire,
Là où, tu m'ignores.

R.A

Relève-toi !



Ô poète, Ne me demandes pas la lune,
lorsque je ne peux te toucher, Ne me réclames pas le soleil, Lorsque je ne peux t’étreindre, Ne me réclames pas la paix, Lorsque je ne peux t’oublier, Ô âme brisée relève-toi ! La vie t’attend, c’est le crépuscule du cœur... R.A

samedi 15 juin 2019

Chère amie



Chère amie, La vie n’a plus de saveur sans toi, Si ce n’est tes vers que je bois, La vie n’a plus de parfum ni de rose, Si ce n’est l’essence de tes p’roses, Viens, offre moi une rime, Qui de toi à moi rend l’estime, Que je puisse admirer votre charme ... R.A

lundi 10 juin 2019

Aujourd’hui


Aujourd’hui,
J’ai rêvé de ton parfum,
J’ai rêvé de ta douceur,
Sans toi depuis mon puits,
Les yeux loin du cœur, 
Mon âme est défunt.

Aujourd’hui,
J’ai senti ta présence, 
J’ai désiré ton essence,
Sans toi je ne suis depuis, 
Qu’un être sans ombre, 
Fuyant la lumière.

Aujourd’hui, 
Sans toi, je ne suis plus,
Sans toi, je me fuis,
Malgré l’enclume, 
Malgré que je fus, 
Mon esprit a la plume.

Aujourd'hui,
Je n'ai plus de mot,
Sur le rivage de mes maux.
Le céleste de mes vers luit
Tel un souvenir en moi,
Telle une once de toi.   

R.A


dimanche 2 juin 2019

L’hirondelle


Ô souvenir,

Elle est là l’hirondelle ! 
Au rendez-vous,
D’une saison immortelle, 
Qui de cesse te loue, 

En mon fort, tel ce miroir,
Reflétant le ciel de marbre,
Mon cœur est d'ambre, 
Exposé à la chaleur du soir.

Il est tien ce reposoir,
À la nuance pastel, 
À ton chevet, ce fidèle
Poète errant de l'espoir,

Qui de ta poussière s'enivre, 
Tel le printemps qui fait rêver ; 
Telle la passion qui fait aimer ; 
Telle la foi qui, de fait, délivre, 

Ô souvenir, 

Près du sol à toi mes murmures,
Là où l'espoir est écrin de lumière, 
Là où l'amour est fidélité à la douceur, 
Là où la foi en Allah est certitude, prière. 

Préserve ces trésors, ô voyageur, 
Au plus près de l'âme, la chère,
Pour entendre battre la vie au cœur,
Sans regret,  sans remord d'amour.  

R.A

Solitude à la chandelle



Comme très souvent lorsque l'obscurité envahissait ma chambre, je me réfugiais dans la lecture à lueur de ma chandelle qui m'offrait la lumière de son cœur pour m'accompagner le temps d'une solitude habituelle.

Mon coeur se desséchait, épuisé de ne trouver des larmes dans le puits de mon âme. Il me semblait que l'amour était façonné par des émotions que les marchants de sommeils bradés à volonté sans le souci d'une prose et encore moins de la beauté.

Épris de fatigue au cœur de la nuit, j'ai senti la lassitude abattre mes derniers souffles de résistance, j'ai soufflé la chandelle prenant la mesure du sacrifice de cette lueur qui se consume.

Comme un miracle, la pièce ténébreuse se remplit d'étoile tapissant l'espace autour de la lune majestueuse.

Ô sublime visage de l'amour, toi la pleine au mille grâce qui inonde le ciel de mes envies, comment peux-tu demeurer effacée derrière la petit flamme de ma chandelle ? 

Comme une évidence, je me suis demandé comment de futiles mots alignés dans un recueil pouvaient s'interposer entre la brume de mes doutes et le voile de mes angoisses? 

Comment ces lignes de proses et de vers pouvaient engendrer un calme ineffable au cœur de la terre? 

Les yeux pleins de rêve au petit matin, j'avais les réponses à mes questions. Mon âme s'était réfugiée dans le livre de mon chevet, le temps d'une pause pour visiter les chemins célestes de mon coeur là où seul le silence offrait une hauteur de vue permettant d'accéder à la sérénité.


R.A

Ce qui reste de la nuit



Au cœur de mon jardin, il y a mille espoirs qui me traversent lorsque la lumière du matin révèle ce qui reste de la vie abîmée par la nuit,  chaque détail est une leçon pour mon esprit qui par nature s'interroge sur les causes et les effets de nos choix ... 

Devant une fleur abîmée je n'ai pu m'empêcher de me demander pourquoi la fleur s'est-elle fanée ? Est ce par manque de lumière où est-ce par excès d'exposition à la lumière ? 

N'est ce pas comme ces amours que nous trouvons malheureux soi  par notre absence soi par notre excès de présence et de passion ? 

N'est ce pas à l'image de cette fleur que l'on aime tant et que l'on presserait d'amour contre son cœur au point de l'étouffer et de se rendre compte qu'elle s'est fanée ? 

De la même manière l'amour inexprimé que l'on cultive à l'ombre  est sacré. Il brille de mille passion comme une gemme dans l'ombre secrète du cœur. 

Mon esprit chemin faisant s'écria  Ô monde, j'ai cueilli ta fleur ! Je l'ai pressé contre mon cœur et son épine m'a piqué, mais fût ma faute ? Moi qui t'a chéri avec tant d'ardeur, suis-je si mauvais pour recevoir tes épines ? 

Alors j'ai délaissé les roses pour ne cultiver que les fleurs douces, les fleurs de l'entre soi dont les femmes ont le secret de la jouissance. Celui qui sait trouver le chemin du coeur de la femme peut espérer sentir la fleur sacrée qu'elle préserve comme un trésor que l'on expose qu'à l'intime.


R.A

samedi 1 juin 2019

Rosée du matin



Je me vois souvent déformé dans le miroir de mon âme lorsque les yeux de mon cœur éclairent mes sentiments intérieurs mais je ne peux m'empêcher de croire à l'amour, même s'il est une source de douleur plus qu'un plaisir infini. 

Comment fermer mon cœur la où mon corps réclame son droit, là où mes sens réclament l'essence et l'ivresse de la vie. Tel le lotus qui préfère s'épanouir au soleil et mourir de sa pleine grâce, plutôt que de vivre en bouton un éternel hiver, je me dis souvent que la beauté de la vie est ce plaisir simple que nous offrent les âmes croisés au détour d'un chemin là où le destin nous offre un peu de grâce, d'attention pour échanger quelques secrets de la vie. 

Quoi de plus naturel que de prendre avec un sourire sincère, ce qui est facile d'accès, simple et qui plus est  près de vous ? 

Il y a ce sourire du corps qui à fleur de peau réclame sa caresse, il y a ce plaisir de l'esprit qui s'envole pour un instant de fantasme et il y a cette délectation de l'âme qui désir une étreinte de la sensualité que lui offre le charme de la vie. 

Lorsque le monde s'écroule autour de vous, laissez votre vie danser à son rythme avec légèreté d'une grâce dont elle seul à le secret sur les bords du Temps, à l'image de la rosée du matin à la pointe de la feuille qui lui offre l'étendu de sa douceur.

Il m'arrive de vouloir me refermer sur moi même, mais je pense souvent à la chandelle qui s'éteint  car on souhaite la protéger du vent avec son manteau, mais au finale on l'a prive d'oxygène au point de l'étouffer. Ne sommes nous pas à l'image de cette flamme ? Quand bien même nous brûlons nous avons besoin d'oxygène et d'ouverture pour continuer à vivre et illuminer ceux qui nous entourent près du cœur. 

Alors j'ai fait de mon corps cette flamme, de mon esprit ce vent et de mon âme le réceptacle de mes désires qui se consument bien loin de la morale, bien loin de la bienséance... je suis cette liberté du plaisir en quête d'une jouissance sans concession. 


R.A

samedi 25 mai 2019

Dîwan : "Chante Layla"




Chante Layla,
Mon âme a soif de tes vers, 
Chante Layla,
Mon âme désir ta prose,

Viens !  Assieds-toi,
Mon silence est un monde, 
Viens ! Assieds-toi,
Mon regard s'inonde, 

Admire ces feuilles,
C'est l’automne,
Admire mes écueils, 
C'est la fin qui étonne,

La voilà, ma douleur,
Sans remède,
La voilà, ma solitude, 
Sans fleur,

Chante Layla,
Chante ! 
Mon oud a besoin de larmes,
Chante Layla,
Chante ! 
Mon oud a besoin d’amour.

R.A



dimanche 19 mai 2019

Diwân : ô ma douce Muntaz !



Ô ma douce Muntaz ! 

Le jour, ton regard me caresse,
La nuit, tu m’enchantes sans cesse,
Me voilà esclave de ton charme, 
Avec toi ma vie est sans arme.

Ô ma douce Muntaz ! 

Tes yeux m’emportent à l’horizon,
Ta voix me libérée de ma prison,
À toi mes vers et mon oud, 
À toi ma prose et mon remous, 

Ô ma douce Muntaz ! 

À tes pieds je dépose mon cœur,
À ton chevet je deviens rêveur, 
Je t’offre les larmes de mon âme, 
Je suis de passion et de flamme, 

Ô ma douce Muntaz ! 

À Samarkand je suis la solitude, 
À Ispahan sans toi, je suis l’étranger, 
À İstanbul sans toi, je nai de latitude, 
À Jérusalem je suis l’orphelin de la mer,

Ô Muntaz ! Ma douce ! 

Tu es au céleste ce que la lune est à la nuit, 
Allah t’a rappelé ! Me voilà sans ton souffle ! 
Tu es au céleste ce que l’étoile est à la nuit,
Allah t’a honoré ! Me voilà sans ton appui ! 

R.A




samedi 18 mai 2019

L’orient express


Il y a ces voyages,
Que le coeur en perd son âge, 
Il y a ces bagages,
Que l’âme oublie sans étalage,

Il y a cet émoi à l’heure,
Que l’on attend ou appréhende,
Il y a ces quais début d’un ailleurs,
Qui offrent l’espoir à l’amende,

Il y a cet agent au képi au sifflet,
Qui fait le décompte, le signal,
Il y a ce train de l’express effilé,
Qui s’élance vers l’orient frugal,

Il y a ce paysage devant nos yeux, 
Qui défile telle une bobine vieillie,
Il y a cette nostalgie de vers heureux,
Que la prose de l’horizon embellit, 

Il y a ce crépuscule qui s’impatiente,
Que le rêve a fini par embrasser,
Il y a ce parfum de gaité lancinante, 
Que l’ivresse du désir à réveiller.

R.A