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lundi 22 octobre 2018

Ô douce liberté






Ô douce liberté, le crépuscule est là,
Mes mots sont pris pour des maux,
Mes vers sont gravés sur des verres,
Mes proses sont osées au parfum de rose.

Ô douce liberté, l’aube est vespérale
Le laïque veut un monde uniforme,
Le religieux se délecte du droit divin,
L’athée ne se soucie guère du lendemain,

Ô douce liberté, l’entre deux est sombre,
L’espoir supplie le retour de ton ombre,
Le courage invoque le souvenir de tes héros,
Le résistant n’a plus de chair sur les os,
 
Ô douce liberté, du bout de la nuit,
Tu m’envahis à en devenir une obsession,
Je veux par toi entendre le rossignol à l’envie,
Je veux par toi étreindre la folie  ma passion, 

Ô douce liberté, tel un serment originel,
Tu seras ma compagne de fortune,
Même si je dois y laisser la lune, 
Même si je dois y perdre le soleil,

Ô douce liberté, viens embrasse-moi,
Emporte-moi, mon cœur est à l’horizon,
Emporte-moi, mon âme est à l’évasion,
Viens, mon linceul est prêt, à l’émoi,

Ô douce liberté, tu es ce songe telle une voile,
Naviguant sur mes lèvres à fleur de mots,
Écumant mon océan d’espace qui s’étale en toi,
J’aime ouïr les sirènes aux chants donnant des ailes,

Ô douce liberté, tu es mon cyprès d’orient si preste,
La turquoise de mon âme implorant le céleste  

La blancheur scintillante de mes désirs à l’Est,
La perle de ces contrées sauvages de l’Ouest,

Ô douce liberté, pour toi, la aube des amants est souillée,
Lorsque tu es là, de ton souffle, embrasant le large,
Lorsque ta présence lève le tcharchaf face à l’océan,
C’est mon cœur qui lève le voile au levant mouillée,

Alors à l’horizon, la vie semble être une étoile,
Filante sans rivage pour mourir loin du monde,
Sur les terres désertiques des épris à l’esprit rebelle,
Là où Allah offre l’alchimie de la foi pleine miséricorde.   

R.A

lundi 15 octobre 2018

À fleur de mot



Si mes mots vous apaisent alors nous avons des parfums en communs sur le sentier qui traverse le jardin de nos différences ...

Si mes mots vous dérangent alors prenez place il y assez de thé pour un échange amical sous le ciel de nos divergences ...

Nul besoin de l'invective pour une opinion partagée ou une conviction défendue, Allah est témoin de nos intentions les plus intimes à l'évidence ...

R.A

jeudi 11 octobre 2018

Dîwan : Lorsque je te vois




Lorsque je te vois arriver – ô Mumtaz – le soleil et la lune s’éclipsent à mes yeux par tant de prestance.

Lorsque je te vois sourire – ô Mumtaz –  les diamants perdent de leur éclat et le lotus d’orient en oubli sa sacralité.

Lorsque je te vois élancer pleine de grâce – ô Mumtaz les gazelles se rebiffent et les cyprès se sentent dépassés par tant d’élégance.

Lorsque je te vois lever ton voile – ô Mumtaz – le paon en oubli son allure royale et les flamants roses s’élèvent dépités dans le ciel par tant de sensualité.

Lorsque je te vois chanter  – ô Mumtaz – la mésange jalouse s’offusque de son destin et Philomène se mue dans le silence.

Mais quand tu m’ignores – ô Mumtaz –  mon cœur, mon esprit se déchirent et l’humanité entière de mon être doute de sa raison d’être. 


R.A             

dimanche 7 octobre 2018

Kandjar



Prends garde à certain sourire
Qui cache un semblant de rire
À ces compliments faits de flots
À la douceur létale au parfum de mot

Qui encense l’esprit de ce miel savoureux
Servant à desseins ces mépris chaleureux
Insipide caresse à fleur de peau
Jusqu’à embrasser tes maux

 Par ces velours à l’indécence
Admiré moucharabieh sans clairvoyance
Jusqu’au jour, où, genoux à terre
Emporter par la douleur des vers  

Le cœur gémissant de cet opium céleste
À la lueur vespérale, redouté geste
Scintillant hélas! Le voilà ce kandjar!
Surgissant tel un jaguar

Parmi ces amitiés riches en duplicité.  
L'horizon à l'éclair, tremblant de fébrilité
L’âme à la secousse, pour une chute sans filin
Voilà un rappel vers Allah avant la fin.

R.A

mardi 2 octobre 2018

Vérité noyée




La vie est cette vérité noyée dans ses abysses,
Là où l’obscurité compose ; la chair de nos lits,
De ces sincérités,  au parfum de petitesses,  
J’ai, entre deux principes, bu le calice jusqu’à la lie,  

J’ai rencontré bien des âmes sans visage,
J’ai embrassé bien des cœurs sans âme,
Et pourtant loin d’être un stylite en cage,
Ici et là, elle se dévoile, à l’aurore sans charme,

De ses intentions sans lendemain ...
J’ai fini par croire sur parole,
De ses promesses sans parole,
Jusqu’à la lueur de l’après-demain …

Quand j'ai levé le voile de la vérité,
Je me suis livré, l’ai prise telle une amie;
Quand je l'ai pénétrée et sentie,
J'en étais révulsé et déjà dégoûté.

J'ai maculé la dignité offerte par la vie,
Et dans ce miroir de l’infâme zébrée;
J'ai brisé de mille éclats ce précieux de fierté,
Qui faisait de moi un mirage à l’envie.

Éternelles actes désuets sur ces feuillés,
Ici-bas, de ce regard fait de néant livide et saturé,
Le seul bien, pour l’au-delà, qui me reste au monde
Est nul doute ces quelques larmes sincères pour Allah.

R.A