recherche

Google
 

vendredi 7 juillet 2017

Insensée






J'aurai aimé,
Sans mot hélé,
D’un signe à la croisée,
Un regard volé,

J’aurai rêvé,
Sans lucidité,
T’embrasser à la virée,
Improviser une envolée.

J’aurai imaginé,
Sans projet affilé,
Une aventure insensée,
Loin de toute moralité,

J’aurai acquiescé,
Sans émotion échaudée,
Ma pénitence en préjugé,
Pour une amitié timorée,

J’aurai aimé,
Sans folie démesurée,
Vivre un peu de liberté,
Pour une complicité privilégiée,

J’aurai honoré
Sans éloge ta sensualité,
Dans mon jardin passionné,
Pour un bonheur éthéré,

J’aurai marché,
Sans détour intentionné,
Près de ton cœur assoiffé,
Pour un instant espéré,

J’aurai prié,
Sans litanie prolongée,
Dans le silence raisonné,
Pour un repentir plein de sincérité.

J’aurai emporté,
Sans souvenir retourné,
Dans mon livre de péché,
Par Allah cette attirance ailée.

R.A

jeudi 6 juillet 2017

Une âme





J'étais cet être, novice, tel une âme de créole,
Épris par la fougue, à l’appétence frivole,

On me dit poète, moi, le pessimiste du désir,
Lauriers d'un instant hardie, dans les bas fond du plaisir,

Toujours disposé, sans préjugé, à aimer tel un ange
Ne croisant, ici et là, seulement des âmes de fange,

Peu cernée, scalpée et déluré à tout moment,
Mais acquiesçant sans mot dire, sans épanchement,

Et sans réconfort, filant de cette vie,
Aux abîmes du moi, de contrition asservie.

Âme infortunée que d'un baiser vermeil
Embrasse son voyage crépusculaire, sans soleil,

Poussière du zéphyr, emporté vers le reste,
Fatalité oblige, tout n'est que funeste,

Dans cette vie sans valeur, fait de labeur ; ici-bas
Ne partageant qu'amertumes, lancinant combats

Dans ce cœur mis à terre, de tristesse, frêle
Telle une feuille d'automne devenue avicole.

Heureusement l'espérance était là, sur la voie,
Elle croyait, et Allah était bien plus qu'une foi,

Pour cette âme dépitée,
Finit, que la vie a décapité.

Enfin au cimetière,
À l'aube grisâtre, une prière

Fût dite : une âme à la vie manqua,
Et ce vide, c'est tout juste si un cœur la remarqua.

R.A

mercredi 5 juillet 2017

Abysse




Il y a des nuits où,
Je nage sous la vague,
Abri de mon amour,
La lune est témoin,
Les algues ont l'odeur ...
Je n'avais plus envie
De remonter, car tu es là,
Au cœur de ce silence,
Envoutant la solitude,
Fait de méduse, à fleur de peau ...
Ici, nul besoin de lumière,
Les yeux fermés, telle une prière,
Au sein de l'obscurité,
Dans cette cathédrale des abysses,
Le bonheur illumine mon être ...
De ta présence,
Fait de souvenir,
Ton visage, je l'admirais
Au point de m'oublier,
Dans ces profondeurs ...
Une lumière, une chaleur,
Qui me manque tellement
En surface, je remonte
Malgré moi, pour l'espoir,
Pour la vie, pour Allah ...