Sur les hauteurs, au pied de la Bonne Mère, mon âme a contemplé,
L’horizon de cette belle turquoise appelant au voyage de l’évasion,
Mon regard s’est perdu dans ce bleu sublime de cette mer de passion,
Mon corps jalousait ces oiseaux voguant dans les airs à leur gré.
Emporté par ce vent rafraichissant du haut de ce piton admiré,
Mes yeux balayent le rivage sans convoitise,
Je sens mon cœur vouloir prendre son envol de cette emprise,
J’hésite entre le désir de prendre la belle ou de m’entretenir avec volupté.
Le vent m’a embrassé d’un baiser inoubliable,
Ce regard amoureux posé sur cette belle voilé de bleu,
Me donne des frissons malgré mon cœur débordant de chaleur,
Mes mains moites trahissent mes sentiments refroidis par une réalité présente.
Désireux de toucher et d’admirer cette beauté,
Qui a fait tant chavirer le cœur de l’homme qui a osé naviguer au-delà du rivage,
Je suis descendu de ces hauteurs pour aller à sa rencontre,
J’ai voulu écouter son cœur de plus près sans préjugés.
Me voilà au contact de cette beauté sauvage tant désirée,
Assis sur le rivage, je la contemple comme une dernière fois,
Mon cœur tremble de cette solitude à venir dans ma foi,
Alors que mon esprit épouse ma raison fatiguée.
Mouillé par ces vagues éclaboussant mon corps si fébrile,
Mon cœur se rappelle au bon souvenir de cet homme que je fus avant ce périple,
Mes larmes témoignent de cet instant de sincérité traversant mon cœur épris,
Je reviens de si loin, l’espoir d’un renouveau ne traversait plus mon esprit.
Devant cette immensité, la petitesse de mon être ne peut que s’incliner,
Ce destin qui est le mien ne peut se comprendre sans le miroir de mon passé,
Cet avenir qui m’attend, sans détermination, ne peut s’appréhender,
Comme ce présent vécu dans les remords d’une foi inachevée.
Que ces navires au loin passent avec tant d’assurance !
Que ces oiseaux volent avec tant de majesté et d’aisance !
Mon être admire dans la beauté et l’assurance des autres ses manquements,
Mon cœur s’émerveille devant une triste fin pour un lendemain naissant.
Face à tant de liberté et de tentation, moi, je suis là,
Amarré par l’enclume de mes actes,
Je prie Allah de me faire goûter à sa Grâce et à sa Miséricorde ici-bas,
Avant de lâcher les amarres pour l’ultime voyage sans cadeaux.
Tout homme qui goûte à la vie,
A son épreuve à la hauteur de son courage et de ses ambitions,
Tous les instants de la vie s’oublient, sauf ceux vécus pour Allah par amour et par passion,
Le Bonheur est cette chose qui trop souvent se trouve à l’opposé de nos envies.