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jeudi 16 août 2018

À l’isolement





J'ai cru pouvoir traverser le désert,
Saisir la profondeur de l'immensité,
Briser le silence envahissant mon ciel bétonné,

Par mes larmes s’égouttant sans écho,
Je me suis étendu dans ma cellule, sur le dos
Tel un corps à la porte de l’indifférence, prêt à mourir,

Sans éclat si ce n’est une existence devenue ce néant
Coupé du monde, me voilà bercé par les vagues absurdes
Chaque jour qui passe, cet opium injecté par le temps

Absorbé, par ces instants qui s’éternisent, à l’isolement.
Par amour de mes idéaux, mon corps malade a devancé mon esprit,
La solitude, compagnon de galère, m'emportait sans mot dire...

Puis tu as frappé à la porte, le feu s'est alors ranimé
L’obscurité de mon abysse finit par se résilier et s’illumina
Ta lumière a chassé cette ombre qui m’assiégeait de colère. 

Le dégèle a gagné ce froid qui a anesthésié mon âme
Mon esprit s’empara à nouveau de ces rêves étoilés
Mon cœur retrouva la terre de ses combats laissée en jachère.

De ta pureté si claire, ablution prise, je me suis senti renaitre
Tu m’as embrasé et la solitude fût vaincue
Me voilà doté d’une lanterne pour avancer

Me diriger à nouveau, au rythme de ces feuillets
Je me découvrais,  je gagnais de l'espace et du temps
À mesure que les versets arrosés mon cœur d'une pluie sacrée

J'allais vers toi, j'allais sans fin vers la lumière qui est sens
La vie se faisait chair, le vent de l'espoir m’emportait au large
Le sommeil émerveillait mes nuits par la richesse de ses rêves

Il me promettait au crépuscule des regards assurés
Les rayons de ces aya perçaient le brouillard
De mes yeux qui se mouillaient des premières rosées.

Le repos imposé par l’injustice des hommes
Finit par prédisposer l’avènement de cette lueur
Inestimable, Salut de toute âme, pour ici-bas et l’au-delà,

Rallumée par une étincelle,  
Accordée par la Grâce et la Miséricorde
Qu’Allah accorde à celles et ceux qu’Il aime ...

R.A

mardi 13 février 2018

Coupable !


Coupable d'être béjaune plein d'aise
- J'ai reçu l'écume du passé
Coupable d'être française
- J'ai reçu la vindicte sans pitié
    
Coupable d'être une cigale
- J'ai choisi mes ailes
Coupable d'être fraternel
- J'ai choisi d'être fidèle


Coupable d'être éclatante
- J'ai choisi la pudeur sans parade
Coupable d'être résistante
- J'ai choisi mon Jihad

Coupable d'être aimée
- J'ai hanté la fachosphère 
Coupable d'être animée
- J'ai partager ma sphère 

Coupable de cristalliser les haines 
- J'ai choisi le silence impétueux 
Coupable d'être à la vingtaine
- J'ai en moi des maux capiteux        

Coupable d'être plein de foi
- J'ai choisi l'Islam à la diane  
Coupable d'être musulmane
- J'ai choisi ma voie

Coupable d'être visible
- J'ai choisi le paisible
Coupable d'être angélique
- J'ai dardé le maléfique 

Coupable d'être une immigrée  
D'être une femme syrienne
Coupable d'être citoyenne
D'être une voilée enluminée 

Coupable d'aimer
De vouloir chanter
Coupable de briller
D'espérer exister  

Oui coupable auprès des envieux
De vous offrir un visage loin des préjugés
Oui coupable mille fois à vos yeux
De vous aimer pour Allah sans clergé

Dans le silence de l'Injustice 
S’évanouit derechef la Justice
Coupable dans cette lice
Coupable de rester complice.
 
R.A

jeudi 25 août 2016

Etat d'Urgence : La menace burkini





Il y a des jours où j’ai envie de poser ma plume, de penser aux banalités du quotidien et surtout de déconnecter mon cerveau des médias pour m’évader très loin ...

Bien entendu, si vous lisez ce texte c’est que j’ai échoué encore une fois…  

Comment se taire quand le silence devient complice en ces temps troubles ? 
Comment se taire quand il ne se passe pas un jour sans que l'on me rappelle  que je ne suis pas un bon français ? 

Que je peux être suspecté de devenir une potentielle bombe à retardement ! 
Que l'on peut m’accuser subitement de passer par la case radicalisation express
Que si je porte un burkini, ce vêtement scandaleux,  ignoble pour les pseudos féministes laicardes,  il semblerait que je porte atteinte à la dignité de la femme ! 
Que par ce vêtement, j'ose la pudeur dans un pays dit libre et pourtant si liberticide! 
En toute objectivité, quelle différence feriez-vous entre une combinaison de plongée et un burkini ? 
Je deviens, semble-t-il, un danger pour la sûreté de l’État !

Que je mets en péril la sacro-sainte laïcité à la Française!

Que le fait de réserver une piscine privée, c'est insulter la France entière en détruisant le vivre ensemble ! 

Que manger un plat de substitut fait de moi un dangereux musulman refusant de s’assimiler à la tradition et aux valeurs de la France! 

Que porter une jupe longue c’est afficher ses aspirations politico-religieuses à l’école! 
Que la forme et la longueur de ma barbe sont suspectes ! 

Que porter un voile fait de moi une demeurée soumise ou pire manipulée par des méchants islamistes portant atteinte à la dignité des femmes ! 

Certains veulent même me faire passer des tests dès le collège pour savoir si je ne suis pas radicalisé, histoire de s’assurer que le germe du mal n’a pas fleuri ! 

On ne supporte plus ma couleur de peau, ma façon de m’habiller, mes choix et mes valeurs !
 J’ai beau en réalité me fondre et me faire discret comme certains nous le conseillent, il y a toujours et encore quelque chose à redire !!!
Suis-je Français ? Suis-je assez intégré ? Assez assimilé ? Assez délavé ? Assez transparent ?! 
Finalement suis-je assez corrompu ? Pour que l’on m’accepte dans ce moule de la « république qui décidément a un vrai souci avec ses enfants musulmans un peu trop rebelle pour ne pas dire trop rebeu !  » ?
 Oui je suis musulman, j’aime l’Islam, j’aime Muhammad (Saw), je dis très souvent Allah Akbar (Dieu est Grand) ! Et je dis tout haut, je ne suis pas Charlie encore moins Charlot pour que tous les matins en fonctions de la météo du terrorisme on vient me dicter comment je dois vivre! Ce que je dois penser! Ou encore quand je dois m’excuser à chaque fois qu’un psychopathe se croit en croisade ! …
Je ne suis pas parfait certes aux yeux de certains même parmi les miens ! Mais de quel droit ? Au nom de quoi portez-vous atteinte à ma liberté ? Sur quelle base mettez-vous en doute mon patriotisme ? 

Avez-vous posé autant de questions à mes ancêtres,  lorsque vous êtes allés les chercher chez eux pour les engager dans les forces de la France libre ? Lorsque vous aviez besoin d’eux pour reconstruire les infrastructures en ruine de ce pays ?
 Comble de l’absurdité, vous me jugez au nom de la liberté, de la laïcité ? Oui cette laïcité dont la définition est devenue si obscure, si « français », si intégriste finalement ! Elle devenue la risée à l’étranger ! 

La réalité est que votre laïcité  dévoyée est une nouvelle forme d'intégrisme aussi répressive et brutale que celle  pratiquée par les fondamentalistes religieux de tous bords. 
En effet, à y regarder de plus près, elle est pire que l'intégrisme religieux car les dommages collatéraux affectent toutes les croyances et toutes les religions sans distinction.    

Mais il faut se poser les  bonnes questions : A qui profite ce conflit identitaire et cette stigmatisation ?  Qui profite des polémiques visant de façon systématique les musulmans de France ? Chacun est assez grand pour creuser ces doutes et ces ambiguïtés ignobles que l’on nous fait vivre.  
Bien entendu il serait facile de s’arrêter uniquement sur les constats et ne rien proposer en termes de solution ou de début de réflexion pour essayer un regard critique. 

La résistance doit s’organiser d’abord sur l’aspect juridique : quels sont les fondements d'un point de vue légal qui puissent justifier ces arrêtés municipaux : en quoi une femme en burkini représente un trouble à l'ordre public ? A-t-on recensé des agressions commises par des femmes revêtant cette tenue ? 

Il est plus qu’urgent que chaque musulman ou non musulman d’ailleurs  rejoigne des associations type CCIF afin de créer un contre-pouvoir pour connaître et défendre les droits de ceux qui sont injustement stigmatisés et discriminés ... Nos armes doivent être la justice rien que la justice sans jamais rien laisser passer. 

Nous devons mobiliser les consciences, créer un front commun sur la base de la justice, du droit et de la liberté… La plage comme la rue est un espace public : si une rixe avait éclaté au sujet de filles  en bikini, les maires auraient-ils pris la même mesure afin de préserver l'ordre public ? À savoir l'interdiction du bikini ? On est dans l’absurdité totale, nous venons en réalité de toucher le fond !

De plus l’aspect théologique ne permet en rien de caractériser un vêtement en le classifiant de religieux : le burkini est-il considéré comme un vêtement islamique ? La dimension religieuse de ce vêtement est plus que discutable et contestée. Si on retire la dimension religieuse que l’on souhaite à tout prix donner à ce vêtement, l'argument ne tient plus.


L’aspect sociétal : au nom de quelle principe ou norme peut-on mettre en jeu le corps de la femme en lui dictant sa tenue ?  L’ambiguïté des pseudos féministes en dit long avec leur deux poids deux mesures lorsqu’il s’agit de défendre les femmes musulmanes dont on ne reconnait pas la dignité lorsqu’elles sont pratiquantes ! En 2016, on continue de matérialiser le corps de la femme en faisant de l'ingérence sur le droit qu'elle a d'en disposer comme elle le désire.


"Une femme libre  est le contraire d'une femme légère" Simone de Beauvoir .
Je laisse chacun méditer cette phrase qui en dit long sur l’idiosyncrasie de notre société en déliquescence … 

R.A

dimanche 28 février 2016

Au cachot des mots




Au fond du cachot, ruminant ses mots,
Telle une âme à l’agonie éructant ses maux,
Le cœur meurtri, verve de l’injustice à flot,
L’esprit du poète maladif résiste aux fléaux,

Entre ces murs, des manuscrits de douleurs,
Malgré une plume, qui naguère, inspiré de fleurs,
Aimait composée des bouquets  de romance,
Pour les amants de la liberté sans complaisance,

Aux cris des âmes déchirant le ciel,
L’étranger au pays des damnés en duel,
Mesure les nuances de frimas,
Dans cette lucarne donnant le trépas,  

Chaque jour est une marche vers l’abîme,
Une ronde de vertige enivrant l’élime,
Chaque nuit est un effroi de crainte,
Un réveil habillé par l’espoir du doute,

De tous les mots qu’ici le cœur contient,
Un seul permet de tenir dans la geôle du temps,
Un seul permet à l’âme de ne pas briser le lien,
Un seul permet de ne pas sombrer sur le champ,

Il n’y a qu’à son rappel que le cœur s’apaise,
Il n’y a qu’à son évocation que l’espoir renait,
Il n’y a qu’en prosternation devant lui que le sens nait,
Ce mot c’est Allah, l’Unique! libérant l’être de sa case ...

R.A