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mardi 6 novembre 2012

Dans la cité des mort-vivants


Le blog Esprit Critique &  Pensée Libre a le plaisir de vous offrir un extrait de l’ouvrage : La marche d'une Renaissance

"... Chaque matin est devenu une angoisse étouffante, à tel point que le quotidien devient ce rêve que l’on fuit. Est-ce un cauchemar ou la réalité que je vis ? La réponse est dans ce rayon de soleil qui tôt le matin vient me caresser tendrement pour m’annoncer la naissance d’un nouveau jour. Mes yeux s’ouvrent, et j’ouvre la porte donnant accès à la cité qui avec ses voies et ses avenues, ses édifices et ses artifices, a tant souillé l’âme...
D’un cœur bien que repentant, à peine le pied mis dehors voilà que la vue se laisse recouvrir par le voile d’illusion de son charme. L’ouïe se laisse assourdir par les chants alléchants de tous ces diables de la perte. Les pieds sont tentés d’aller là où l’envie les pousse. Quant au cœur il est sans cesse sur le point de céder à tout instant.
Tandis qu’on admire longuement tous ces palais et châteaux plus que somptueux, et aux pieds desquels l’humain mendie l’amour dans l’indifférence totale des passants, on oublie que ce luxe est là pour témoigner de la mort des cœurs de ceux l’adorant. Tout autour, les rues et ruelles débordent de corps exhibés sans la moindre pudeur et qui par leur charme irrésistible finissent par faire chavirer dans leur ivresse les cœurs oscillants...
Encouragés par la faim, attiré par la richesse, tenté par le pouvoir et cédant face à la dérive morale qu’entretient la nudité au grand jour, nombreux sont ceux qui sont poussés à vivre des envies orchestrées par les tendances du moment. Tendances au service de l’immoralité érigée en moralité et prônée par le diable, cet ennemi masqué.
Telle rue finit par nous rappeler untel de nos péchés commis à cet endroit. Telle autre rue tel autre péché. Le péché nous guettant à tout coin de rue de cette cité devenue un cimetière où chaque tenté enterre son cœur sous la terre de ses délires. Je me réfugie dans un lieu de prière entouré par ses ci beaux jardins recouverts d’arbres et de plantes afin de m’évader loin de toutes ces tentations.
Ô lieu de prière innocent au milieu de ces tours coupables, reçoit ce front qui devant son Créateur tombe sur ton sol. Laisse-toi asperger par ces larmes d’effroi qui de ces yeux se lâchent en ces mots : « … Patiente, ô âme en moi qui sur son sort se lamente. Le temps de l’ultime rencontre avec Allah est tout proche. Face à l’effroi se dégageant de la Justice divine nul ne t’accompagnera hormis tes actes. Hélas, tu ne pourras rattraper ton passé pour nettoyer tes méfaits d’antan. Ne sois point avare de tes larmes. Pleure donc jusqu’à épuiser ta dernière goutte pour te purifier de ta souillure bien injuste… ».
Dans la pierre de ces édifices vaniteux où chaque coin et recoin est façonné, l’humain a gravé son amour qu’il témoigne pour ce monde. Ô combien est grand cet amour qu’il lui voue tandis qu’il est condamné à le quitter à tout moment. Pourquoi donc s’attacher autant à ce qui tôt ou tard se détachera de nous ? La cupidité nous rend férocement avide, le plaisir de la chair nous attisant tandis que la soif de prendre le dessus nous rend quelque part un peu plus injuste. Le Mal s’est habillé de son plus beau vêtement trompeur. Tellement fascinant aux yeux de ceux privés de discernement que l’immoralité court à tout coin de rue sans que cela ne dérange personne. Que faire dans un monde qui ainsi se tue par son propre feu tout en croyant bien faire ?
Devrais-je me priver de mes yeux, de mes oreilles, de mes pieds et de mes mains pour me préserver du Mal ? Non, la vraie foi consiste à rester fidèle à Allah tout en faisant bon usage de nos facultés mises à l’épreuve de la tentation. La piété ne consiste pas à se priver de ses facultés mais c’est plutôt de priver ces-mêmes facultés de leur propre mal à une époque où le faux masque le vrai, tandis que l’égarement manifeste se forge en guidée aveugle. Détrompons-nous, car nos agissements sont bien de nature à nous pousser devant la Justice du Créateur. Ne voyons-nous pas que rien est là pour rien et que toute chose est habillée de sa finalité ? Chacun porte sur son dos le poids de sa conscience. Tôt ou tard à la Barre du Très-Haut, nous serons traînés.
Tout pur, le matin je suis sorti léger comme le vent. À l’approche du soir, souillé que je suis devenu, je retourne tête baissé en fautif à ma demeure pour que mon âme se douche sous les pleurs du repentir.
Pendant que je regarde le dernier rayon de soleil me quitter en m’abandonnant à l’obscurité de mon cœur, les remords me rongent de l’intérieur pour finir par chasser un sommeil si attendu. Les larmes de regrets me tiennent compagnie jusqu’à ce que ce corps en coupable tombe dans le lit.
 Allah c’est à toi que je m’accroche par la force de ces larmes coulant sous la charge de cette honte qui sur ma conscience pèse de tout son poids. Bien qu’impuissant je sois face à moi-même, rien que par amour pour toi, je mets sous mes pieds le Mal qui tente de me tromper à ton sujet.
Allah, si tu ne me donnes assistance face à la tentation voulant me dépouiller de ton dépôt qu’est ma foi en toi, certes je serai du nombre des perdants. Pardon pour autant de péchés commis sous ton regard ne me quittant, tandis que mes yeux remplis de sommeil se referment sur ce cauchemar dans l’espoir de ton pardon..."

Pour information : Cette ouvrage est disponible sur commande en nous adressant une adresse de livraison via le mail info.critique@gmail.com .
R.A
 

mardi 31 juillet 2012

Le temps d’une réflexion


De ma fenêtre, chaque jour je ne cesse de penser à toi, le chemin parcouru et les épreuves affrontées m’obligent à méditer sur toi. J’aurais voulu prendre conscience de ton importance bien plus tôt mais comme le dit l’adage "mieux vaut tard que jamais". Ce que je vais te conter, tu le sais sûrement, mais j’ai besoin de le redire. Pardonne moi de te faire ce rappel mais en réalité c'est pour mieux me convaincre moi-même. Je te demande un peu de patience si tu n’es pas avare de ton présent.

Je ne peux vivre sans toi et en dehors de toi, je suis prisonnier de ta mesure alors que je rêve de vivre et de me libérer de ta présence. Il m’arrive de t’aimer et d’apprécier ta compagnie lorsque je fais bon usage de tes décomptes sans fin. Il m’arrive de te haïr lorsque je suis dans la mauvaise cadence loin des priorités du sens même de la vie. Tu règles toutes les chorégraphies telle une partition sans faute, je fini toujours par te comprendre avec du recul et de la hauteur.

Certains te monnayent, d’autre font de toi un présent, mais tu es sans nul doute celui que l’on ne peut ignorer dans les actes du quotidien et encore moins dans les projets d’avenir. Tu rends inestimable  l’ancien en lui donnant de la valeur alors que tu réclames à la jeunesse de faire ses preuves. Ceux qui ont compris ta valeur sont les brocanteurs et les visionnaires. Tu emportes avec toi les mémoires vivantes pour ne laisser que des traces dont les historiens se font les gardiens pour les générations à venir.

Parfois je t’habille, te maquille, parfois je te déshabille et te tue sans illusions mais je finis toujours par te regretter avant même de te perdre de vue. Tu me caresses sans jamais me toucher, de nuit comme de jour, tu es en réalité indifférent à mes émotions. Tu te préoccupes ni de la vie ni de la mort tu files dans ta course folle pour arriver à ton terme. Stoïque, tu me regardes flétrir sans une once de compassion ni même d’attention. Tu es vraiment sans cœur alors même que tes battements résonnent dans mon esprit soucieux de mieux prendre soin de toi.

En réalité je te mesure et t’apprécie davantage au fur et à mesure des cheveux blancs et des rides que tu me lègues comme cadeau de la vie. Lorsque je m’oublie tu deviens mon pire ennemi. Lorsque je suis conscient et raisonnable tu es mon meilleur ami. Notre relation présente et future dépend en réalité de mes choix. Tu joues sur mon humeur en alternant la pluie et le soleil. Tu me trouves sûrement instable car en réalité tu ne comprends pas que tu composes ma vie et que chaque jour tu me rapproches de ma demeure finale. Avec toi mon registre est noirci en bien comme en mal.

Tu rythmes aussi bien le présent que le futur en figeant à jamais le passé. Tu cicatrises la douleur pour certains, alors que tu achèves d’autre par ta force. Etre ton ennemi, c’est se ruiner, faire de toi un ami, c’est avoir une chance de sauver sa destinée en cherchant à te maîtriser et en te consommant à bon escient, car tu es le bien le plus précieux qu’Allah ait accordé à tous les êtres vivants. En vérité, le bonheur et la réussite appartiennent aux Hommes doués d’intelligence. Ceux qui ont compris que chaque grain de sable qui s’écoulent de leur sablier doit être mise au service d’Allah s’ils veulent obtenir sa Satisfaction et sa Grâce.

Aussi endurant que tu le sois, tu arriveras à ton terme comme moi tel qu’Allah nous la prescrit car lui seul est le Maître de notre échelle. Je L’implore de faire en sorte que j’améliore mon clepsydre pour corriger mes défauts avant que je ne me rende compte que tu m’aies quitté à jamais. Sans toi, mes larmes et mes repentirs n’ont plus de sens car mes scribes m’auront quitté sans que je ne puisse me parfaire. Avant que l’insouciance ne me rattrape, laisse-moi rappeler et écrire cette phrase de Malcom X à titre posthume pour ceux qui aiment méditer ; « le futur appartient à celui qui le prépare aujourd’hui ».

Ô Allah ! Fait en sorte que de ce présent dont tu m’as alloué et pour le peu qui me reste, qu’il te soit dédié jusqu'au dernier souffle de ma vie.

R.A