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mardi 16 février 2016

L'odyssée de philomèle






Embarqué sur ma chalande fugace,
Caressé par l’aquilon de face,
Je m’éloigne à regret de la rive,
Poussé par cet éclair de vie si brève,

Je brave de nouveaux orages,
Pour de probables naufrages,
Tanguant sur ces vagues insensées,
Malgré mon fragile esquif zélé.

Défiant la fleur perdue de l'âge,
Je ne peux me résoudre aux adages,
Faisant de l’amour ce philomèle aveugle,
Qui, malgré la vue retrouvée se voile.

Je t'ai cherché entre ciel et terre,
Même ailleurs, là où le silence est leurre,
Par-delà l’horizon fertile de mes songes,
Je t’ai aperçu, bien des fois, guidé par tes longes.

Je me lénifie à la pensée de ton regard,
Au gré de ce destin incertain,  
Sous la voûte céleste sans égard,
Pour un rêve imaginé au fusain.

Nous avions composé des promesses de pair,
Confié aux cieux nos sentiments étoilés,  
Au fil de nos échappées et désirs enflammés,
Nous avions scellé nos secrets sans impair.  

Sur les rives inexplorées, tels des nénuphars,
Les rêves les plus fous s’écrivent à l’encre du cœur,
Pour des souvenirs à deux, à l’antre des regards,
Dans la confidence où tu règnes sans peur.

Par-delà les étoiles de la nuit, j'irai dans les layons,
Piqué par les blés, fouler l'herbe élancée,
Songeur, j'en fleurerai la fraîcheur à mes sens.
Je laisserai le zéphire me décoiffer.

J’admirerai le son du silence, suspendu sans tirade,
Mais l'amour immuable élèvera mon âme,
Et j'irai loin, dans le désert, comme un nomade,
Par ce Monde, enchanté comme avec une femme…

Ma solitude imaginera ta compagnie avec ou sans toi,
Quelque part, entre folie et raison, sur le champ de bataille,
Où le destin croisé noua par nos larmes une passion de taille,
Nous voilà, en quête d'une grâce d'Allah pour une foi.   

R.A

lundi 8 février 2016

Il y a cette fois





Il y a ces instants,
Où le cœur se serre,
Rattrapé par ses souvenirs,

Il y a ces périodes,
Où l’âme vit son mal être,
Noyée de réminiscences,

Il y a ces états,
Où le corps offre ses larmes,
Au chevet de ses souvenances,

Il y a ces latitudes,
Où l’esprit s’effondre,
Dans une chute sans mot de rappel,

Il y a ces spleens,
Où le phonème est inaudible,
Au silence évocateur,

Il y a ces repentirs,
Sans lendemain fait de mirage,
Détruisant la fitra au réveil,

Il y a ces mille regrets,
Où la honte fait vivre sans miroir,
Au carrefour de ces effluves mémorables,  

Il y a le cœur dictant l’esprit
Entre deux, un fossé de raison,
Faisant du rêve un cauchemar prévenu,

Il y a, oui ces regards,
Trahis malgré tant d’amour,
Où la décence impose la terre, aux croisés,

Il y a toi, il y a moi,
De nous deux, un présent  vespéral,
Pour un cœur sans véritable passé,

Il y a cette fois, pour la foi,
Ce destin qui ramène à Allah,
A la quintessence de la raison d’être,

Il y a cette fois, cette liberté,
Perdue de vue par tant de laideur ...
Enfin, retrouvée par la grâce d’Allah.

R.A

mercredi 3 février 2016

Parfois







Parfois il faut admirer le silence,
Écouter son écho s’indigner,
Ne pas même se rebeller,
Simplement ignorer …

Parfois il faut enchaîner ses mots,
Laisser le privilège au temps,
Donner la raison au vent,
Faire confiance au destin …

Parfois il faut se taire,
Accueillir avec bienveillance,
La haine de l’autre,
Méjuger l’insulte par le sourire …

Parfois la force est d’être à nu,
A découvert, rasséréné,
Recevoir avec humilité l’arrogance,
Pour une évidence en latence …

Parfois la joie du cœur
Est d'avoir passé un cap,
Résisté aux propensions,
Pour un plaisir de larmes ..

Parfois il faut apprécier le bonheur,
C’est d’avoir perdu,
D’avoir goûté à l’amertume,
Pour une jouissance libératoire

Parfois c’est dans la chute,
Que la foi est conscience,
Que le cœur est repentir,
Que l’esprit est éveil …

Parfois c’est tout cela,
Un rien, une poussière,
Qui fait du misérable,
L'esclave implorant Allah !

Oui parfois il y a une foi,
Qui te ramène à Allah !
Malgré le désespoir,
Devant ce miroir de malheur …

R.A  

lundi 25 janvier 2016

Au parfum du printemps





Dans le silence de tes mots,
Étreignant le sublime de mes maux,
D'une caresse pleine d’ivresse,
Ton souffle ébranla mon être en liesse
A jamais …

Ivre de tes mots de douceur,
Murmuré à flot sans retenu,
Mon corps se perd de douleur,
À fleur de peau, gravé à nu
A jamais ...

De ces désirs intenses,
Sur les berges de mes sentiments,
Éclairés à la lumière de mes étoiles,
Mon cœur se couvre de nostalgie
A jamais …

De retour, sur mes pas,
À l'écart de tout regard,
La solitude m'embrassa,
Tel un béguin fidèle
A jamais …

Où que j'aille,
Tes souvenirs me hantent,
Ton odeur, ta tendresse,
Et tes recoins, autant de secrets
A jamais …

Trésor d'infortune,
Que je ne peux dévoiler,
Tel un trophée d’amertume,
J'ai savouré la romance
A jamais …

Au parfum du printemps,
Admirant l'élégance et le charme,
À l'élégie de l'estime imparfait,
La passion a vécu
A jamais …

Au présent inspiré,
Une page se tourne,
Sur le palier des adieux,
Ce silence devenu gardien
A jamais…

A jamais, …
Les braises de la passion
Consumèrent le peu de foi,
A jamais, ô Allah ! Tu es l’ultime espoir,
Pour mon âme en chute, libre …

R.A

mercredi 20 janvier 2016

La laideur






Je suis morte, ô vivant ! Comme une réalité abstraite,
Et mon cœur, où chacun s’est nourri sans vergogne,
Est là, insufflant au poète une évidence sans valeur,
Mortel et indiscrète ainsi que la rumeur en substance.

Je m’érige dans le firmament tel un astre incompris,
J’allie un esprit de brume à la grisaille crépusculaire,  
J’abhorre la statique qui méduse l’horizon,     
Et toujours je souris et toujours je fardasse.

Les chantres, face à mon humble attitude,
Que j’ai l’air d’abîmer aux majestueux dignitaires,
Consumeront leurs nuits en souvenir chaleureux,
Et l’amertume s’invitera sans permission,

Car j'ai, pour fasciner ces dociles sigisbées,
De parfait miroir qui sublime toute laideur,  
Rassasiant mes yeux aux lanternes immuables!
A toi Allah ! L’inégalée Miséricorde quémandée par mon cœur.

R.A